Notre lettre 1347 publiée le 23 mars 2026

ÉVÊQUES " AUTONOMES"

ET ÉVÊQUES "COLLÉGIAUX"

DEUX VERSANTS DE LA CRISE DE L'ÉGLISE

ET DU MAGISTÈRE

UNE ÉTUDE
DE L'ABBÉ CLAUDE BARTHE
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La Fraternité Saint-Pie-X a annoncé que vont être réalisées en son sein, le 1er juillet 2026, de nouvelles consécrations épiscopales. Puissent les nouveaux évêques être vraiment des évêques pour l’Église entière, se mêlant au combat de ceux parmi les Successeurs des Apôtres qui veulent restaurer la foi et le culte, et ne pas rester les évêques d’un îlot pastoral de préservés. Mais notre propos n’est pas de traiter de cette affaire sur le fond, mais plutôt de considérer des aspects qu’elle révèle : celui de la juridiction épiscopale (le pouvoir de gouverner des évêques) dans l’Église.


Une catégorie nouvelle d’évêques

En 1988, Mgr Lefebvre, dans l’intention de continuer son œuvre tout en évitant de former une hiérarchie ecclésiastique parallèle, avait en quelque sorte créé une catégorie particulière d’évêques qui, consacrés par lui sans mandat, ne prétendraient à aucune juridiction et continueraient à faire ce que lui-même faisait sacramentellement sans mandat explicite, pour le bien des âmes. Il a fait des lefebvre-bis, si l’on nous permet l’expression, qui vont aujourd’hui être suivis de lefebvre-ter, mais sans le charisme de Marcel Lefebvre, le charisme par nature ne se transmettant pas, en tout cas pas de cette manière. Car lui-même intégrait son action sacramentelle d’évêque sans mandat canonique à ce qui le qualifiera dans l’histoire de l’Église : sa protestation prophétique anti-Vatican II contre la nouvelle lex orandi (la réforme liturgique) et contre la nouvelle lex credendi (une série de novations contenues dans Vatican II).

On peut dire qu’a été ainsi créée, du point de vue de la juridiction, à côté des évêques « classiques », une catégorie nouvelle d’évêques « autonomes », évêques consacrés sans mandat du pape et ne revendiquant aucune juridiction, mais distribuant également sans mandat, pour cause de nécessité, les sacrements propres à des évêques. (Il faudrait d’ailleurs ajouter aux deux évêques existants et aux quatre à venir de la Fraternité Saint-Pie-X, les six, dits de la Résistance, qui ont été consacrés par Mgr Richard Williamson et sont en fait exactement du même type épiscopal).

Mais toujours du point de vue de la juridiction les autres évêques de l’Église, les évêques « classiques », sont-ils toujours des évêques classiques ?


Des évêques « collégiaux »

Car si Mgr Lefebvre avait écarté toute juridiction pour les siens, Vatican II a au contraire infusé aux évêques « classiques » un surcroît de juridiction, pour fonder la collégialité épiscopale :

En donnant à tout évêque, par le seul fait de sa consécration épiscopale une véritable juridiction, quoique informe ;

Et en faisant que la juridiction épiscopale est directement, immédiatement, conférée par le Christ, et non indirectement, médiatement, par le pape.

Pour comprendre cette situation, il faut revenir au concile Vatican II et, particulièrement, à la constitution Lumen Gentium ainsi qu’à l’enseignement très clair de Pie XII, réitéré trois fois, sur la juridiction des évêques. Reprenons nos deux points :


1/ Une juridiction informe. Au lieu de dire seulement, selon la théologie traditionnelle, que la consécration épiscopale donne une capacité à recevoir une juridiction sur une part déterminée du peuple chrétien (généralement un diocèse), Lumen Gentium en son n. 21 affirme que « la consécration épiscopale, en même temps que la charge de sanctification, confère aussi les charges d’enseigner et de gouverner, lesquelles cependant, de par leur nature, ne peuvent s’exercer que dans la communion hiérarchique avec le chef du collège et ses membres » [c’est nous qui soulignons].

Autrement dit, par la seule consécration épiscopale est conférée une « charge de gouverner », à savoir pour un évêque, une juridiction, dont l’exercice concret sera déterminé par la nomination éventuelle de ce nouvel évêque à la tête d’un diocèse (il peut aussi devenir évêque auxiliaire, évêque de Curie, nonce apostolique, etc.)

Ce petit glissement doctrinal était destiné à faire que l’épiscopat uni au pape, évêques non résidentiels (non diocésains) compris est un sujet, une instance du pouvoir plénier sur toute l’Église, comme l’est aussi le pape seul : « L’ordre des évêques, qui succède au collège apostolique dans le magistère et le gouvernement pastoral, bien mieux dans lequel le corps apostolique se perpétue sans interruption constitue, lui aussi, en union avec le Pontife romain, son chef, et jamais en dehors de ce chef, le sujet du pouvoir suprême et plénier sur toute l’Église », Lumen Gentium n. 22 [c’est nous qui soulignons]. Le pouvoir plénier dans l’Église émane soit du pape seul, soit du pape et de tous les évêques dès l’instant de leur consécration.


2/ Un pouvoir immédiat. Dans cette ligne de valorisation de la juridiction native que possède tout évêque, le n. 27 de Lumen Gentium donne un coup de pouce plus net encore, à propos des évêques des Églises particulières (essentiellement diocèses) : leur pouvoir, potestas, est « propre, ordinaire et immédiat » [c’est nous qui soulignons].

Le terme de potestas est moins précis et surtout moins technique que celui de juridictio, mais c’est bien de la juridiction de l’évêque diocésain qu’il s’agit ici, du fait des deux premiers adjectifs utilisés classiquement pour qualifier la juridiction épiscopale, qui est en effet « propre » (exercée par le titulaire, ici l’évêque, en son nom et pas par délégation) et « ordinaire » (inhérente à la fonction, ici sa fonction épiscopale diocésaine).

La nouveauté considérable est dans la troisième qualification : le pouvoir de juridiction de l’évêque diocésain est « immédiat », ce que n’infirme nullement la précision que donne le n. 27 : « Il est soumis cependant dans son exercice à la régulation dernière qui lui vient de l’autorité suprême de l’Église ».

De son côté, Pie XII avait enseigné à trois reprises l’inverse : la juridiction de droit divin des Successeurs des Apôtres, émanant du Christ (comme toute juridiction d’ailleurs), est reçue par l’intermédiaire du Successeur de Pierre, par sa médiation. Dans Mystici Corporis, du 29 juin 1943, il écrit : « S’ils [les évêques diocésains] jouissent du pouvoir ordinaire de juridiction, ce pouvoir leur est immédiatement [c’est nous qui soulignons] communiqué par le Souverain Pontife ».

Dans le contexte du schisme de l’Église patriotique de Chine, Pie XII réaffirmait également dans Ad sinarum gentem, du 7 octobre 1954 : « Le pouvoir de juridiction [en général, et notamment celui des évêques diocésains] est directement conféré, de droit divin, mais seulement par l’intermédiaire du successeur de Pierre ». De même dans Ad Apostolorum Principis, du 29 juin 1958, le pape Pacelli redisait clairement que « La juridiction ne parvient aux évêques que par l’intermédiaire du Pontife romain. »


Des évêques en apesanteur de juridiction

Il n’est pas douteux que les consécrations épiscopales conférées sans mandat par Mgr Lefebvre et Mgr de Castro Mayer en 1988 comme celles qui devraient avoir lieu le 1er juillet prochain à Écône donneront naissance en quelque sorte à des évêques en « apesanteur de juridiction ». Il s’agit là incontestablement d’une nouveauté de facto qu’ils justifient par les nécessités du salut des âmes, suprême loi.

Il est non moins discutable que la configuration que donne Lumen Gentium de la juridiction épiscopale représente une autre nouveauté, intrinsèque celle-là. La première va contre la lettre du Droit canonique, la seconde contre la lettre et l’esprit du magistère antérieur.


Abbé Claude Barthe


 

“AUTONOMOUS” BISHOPS

AND “COLLEGIAL” BISHOPS

TWO SIDES OF THE CRISIS IN THE CHURCH

AND THE MAGISTERIUM

A STUDY
BY FATHER CLAUDE BARTHE
 

The Priestly Fraternity of Saint Pius X has announced that new episcopal consecrations will take place within its ranks on July 1st, 2026. May the new bishops truly be bishops for the whole Church, joining in the struggle alongside those among the Successors of the Apostles who long to restore the faith and worship, and not remain the bishops of a preserved pastoral enclave. However, our purpose here is not to deal with this matter in depth, but rather to consider one particular aspect which it reveals: that of episcopal jurisdiction (the power of bishops to govern) within the Church.


A new category of bishops

In 1988, Archbishop Lefebvre, with the intention of continuing his work while avoiding the formation of a parallel ecclesiastical hierarchy, had in a sense created a special category of bishops who, consecrated by him without a mandate, would claim no jurisdiction and would continue to do what he himself had done sacramentally without an explicit mandate, for the good of souls. He created second-generation Lefebvrists, if we may use this expression, who will now be followed by third-generation Lefebvrists, but without the charisma of Marcel Lefebvre, since a charisma by its very nature cannot be transmitted, at least not in this manner. For he himself integrated his sacramental action, as a bishop without a canonical mandate, into that for which he would one day be acknowledged in Church history: his prophetic anti-Vatican II protest against the new lex orandi (the liturgical reform) and against the new lex credendi (a series of innovations contained in Vatican II).

It can be said that, from the point of view of jurisdiction, alongside the “standard” bishops, a new category of “autonomous” bishops was thus created, bishops consecrated without a mandate from the pope and claiming no jurisdiction, but also distributing, without a mandate, for reasons of necessity, the sacraments proper to bishops. (It should be added that, in addition to the two existing bishops and the four future bishops of the Fraternity of Saint Pius X, there are six bishops, known as the Resistance bishops, who were consecrated by Bishop Richard Williamson and are in fact of the same episcopal type).

Yet from the point of view of jurisdiction, are the other bishops of the Church, the “standard” bishops, still bishops according to traditional standards?


“Collegial” bishops

While Archbishop Lefebvre had ruled out any jurisdiction with regard to his own bishops, Vatican II, on the contrary, infused the “standard” bishops with additional jurisdiction in order to establish episcopal collegiality:

by giving to every bishop, by the mere fact of his episcopal consecration, a genuine jurisdiction, albeit without a proper form;

and by teaching that episcopal jurisdiction is directly and immediately conferred by Christ, and not indirectly and mediately by the pope.

To understand this situation, we must return to the Second Vatican Council and, in particular, to the constitution Lumen Gentium, as well as to the very clear teaching of Pius XII, reiterated three times, on the jurisdiction of bishops. Let us return to our two points:


1. A formless jurisdiction.

Instead of simply saying, according to traditional theology, that episcopal consecration gives the capacity to receive jurisdiction over a specific part of the Christian people (generally a diocese), Lumen Gentium in n° 21 affirms that “Episcopal consecration,together with the office of sanctifying, also confers the office of teaching and of governing, which, however, of its very nature, can be exercised only in hierarchical communion with the head and the members of the college.” [emphasis added]

In other words, the sole episcopal consecration confers an “office of governing”, that is, for a bishop, a jurisdiction, the concrete exercise of which will be determined by the eventual appointment of this new bishop to the head of a diocese (he may also become an auxiliary bishop, bishop of the Curia, apostolic nuncio, etc.).

This slight doctrinal shift was intended to make of the episcopate united with the pope, including non-residential (non-diocesan) bishops, a subject, an instance of plenary power over the whole Church, as is also the case with the pope alone: “The order of bishops, which succeeds to the college of apostles and gives this apostolic body continued existence, is also the subject of supreme and full power over the universal Church, provided we understand this body together with its head the Roman Pontiff and never without this head.” (Lumen Gentium n° 22) [emphasis added]. Plenary power in the Church emanates either from the pope alone or from the pope together with all the bishops from the very moment of their consecration.


2. An immediate power.

In line with this emphasis on the native jurisdiction possessed by every bishop, n° 27 of Lumen Gentium gives an even clearer boost to the bishops of particular Churches (essentially dioceses): their power, potestas, is “proper, ordinary, and immediate” [emphasis added].

The term potestas is less precise and, above all, less technical than juridictio, but it is indeed the jurisdiction of the diocesan bishop that is designated here, given the usage of the first two adjectives traditionally employed to describe episcopal jurisdiction, which is in fact “proper” (exercised by the holder, in this case the bishop, in his own name and not by delegation) and “ordinary” (inherent to the office, in this case his diocesan episcopal office).

The considerable novelty lies in the third qualification: the power of jurisdiction of the diocesan bishop is “immediate”, which is in no way invalidated by the clarification given in n° 27: “although its exercise is ultimately regulated by the supreme authority of the Church.”

For his part, Pius XII had taught precisely the contrary on three occasions: the divine right jurisdiction of the Successors of the Apostles, emanating from Christ (as does all jurisdiction, for that matter), is received through the intermediary of the Successor of Peter, through his mediation. In Mystici Corporis, dated June 29, 1943, he wrote: “Yet in exercising this office they are not altogether independent, but are subordinate to the lawful authority of the Roman Pontiff, although enjoying the ordinary power of jurisdiction which they receive directly from the same Supreme Pontiff.” [emphasis added]

In the context of the schism of the Patriotic Church of China, Pius XII also reaffirmed in Ad sinarum gentem, dated October 7, 1954, that: “the power of jurisdiction, which is conferred upon the Supreme Pontiff directly by divine rights, flows to the Bishops by the same right, but only through the Successor of St. Peter.” Similarly, in Ad Apostolorum Principis, dated June 29, 1958, Pope Pacelli clearly reiterated that “jurisdiction passes to bishops only through the Roman Pontiff.”


Bishops in a state of “weightlessness” regarding jurisdiction

There is no doubt that the episcopal consecrations conferred without a mandate by Archbishop Lefebvre and Bishop de Castro Mayer in 1988, as well as those that are to take place on July 1st in Ecône, will give rise to bishops who are, in a sense, in a state of “weightlessness” with regard to the power of jurisdiction. This is undoubtedly a de facto novelty that is justified by invoking the necessity of the salvation of souls, the supreme law.

It is no less debatable that the configuration attributed by Lumen Gentium to episcopal jurisdiction represents another novelty, this one intrinsic. The first goes against the letter of canon law, the second against the letter and the spirit of the previous magisterium.


Fr. Claude Barthe


 
 

VESCOVI  «AUTONOMI»

E VESCOVI «COLLEGIALI»

DUE ASPETTI DELLA CRISI DELLA CHIESA

E DEL MAGISTERIO

UNO STUDIO
DI PADRE CLAUDE BARTHE
 

La Fraternità San Pio X ha annunciato che il primo luglio 2026 celebrerà al suo interno delle nuove consacrazioni episcopali. Possano i nuovi vescovi essere veramente vescovi per tutta la Chiesa, unendosi alla lotta di coloro, tra i Successori degli Apostoli, che vogliono restaurare la fede e il culto e non restare i vescovi di un isolotto pastorale di incontaminati. Ma il nostro scopo non è quello di trattare questa faccenda nel merito, bensì quello di considerare gli aspetti che essa rivela: quello della giurisdizione episcopale (il potere di governare proprio dei vescovi) nella Chiesa.


Una nuova categoria di vescovi

Nel 1988, mons. Lefebvre, con l’intento di continuare la propria opera evitando di formare una gerarchia ecclesiastica parallela, aveva in qualche modo creato una categoria particolare di vescovi che, consacrati da lui senza mandato, non avrebbero preteso alcuna giurisdizione ed avrebbero continuato a fare ciò che lui stesso faceva sacramentalmente senza mandato esplicito, per il bene delle anime. Ha creato dei lefebvre-bis, se ci è consentita l’espressione, che saranno oggi seguiti dai lefebvre-ter, ma senza il carisma di Marcel Lefebvre, poiché il carisma per natura non si trasmette, in ogni caso non in questo modo. Poiché egli stesso integrava la sua azione sacramentale di vescovo senza mandato canonico a ciò che lo qualificherà nella storia della Chiesa: la sua protesta profetica anti-Vaticano II contro la nuova lex orandi (la riforma liturgica) e contro la nuova lex credendi (una serie di innovazioni contenute nel Vaticano II).

Si può dire che sia stata così creata, dal punto di vista della giurisdizione, accanto ai vescovi «classici», una nuova categoria di vescovi «autonomi», vescovi consacrati senza il mandato del Papa e che non rivendicano alcuna giurisdizione, ma che distribuiscono ugualmente senza mandato, in ragione di una necessità, i sacramenti propri dei vescovi (bisognerebbe peraltro aggiungere ai due vescovi esistenti ed ai quattro prossimi venturi della FSSPX, i sei, detti della Resistenza, che sono stati consacrati da mons. Richard Williamson e che sono di fatto esattamente della medesima tipologia episcopale).

Ma, sempre dal punto di vista della giurisdizione, gli altri vescovi della Chiesa, i vescovi «classici», sono ancora dei vescovi classici?


Vescovi «collegiali»

Perché se mons. Lefebvre aveva escluso qualsiasi giurisdizione per i suoi, il Vaticano II ha, al contrario, conferito ai vescovi «classici» un sovrappiù di giurisdizione per fondare la collegialità episcopale:

dando ad ogni vescovo, in virtù della sola consacrazione episcopale, una vera, benché informe, giurisdizione;

e facendo sì che la giurisdizione episcopale venga direttamente, immediatamente, conferita da Cristo e non indirettamente, mediatamente, dal Papa.

Per comprendere questa situazione, bisogna tornare al Concilio Vaticano II ed, in particolare, alla costituzione Lumen Gentium, nonché all’insegnamento molto chiaro di Pio XII, reiterato tre volte, sulla giurisdizione dei vescovi. Riprendiamo i nostri due punti:


1/ Una giurisdizione informe. Invece di dire solamente, secondo la teologia tradizionale, che la consacrazione episcopale fornisce la capacità di ricevere una giurisdizione su di una parte determinata del popolo cristiano (generalmente una diocesi), Lumen Gentium al suo n. 21 afferma che «la consacrazione episcopale conferisce pure, con l’ufficio di santificare, gli uffici di insegnare e governare; questi però, per loro natura, non possono essere esercitati se non nella comunione gerarchica col capo e con le membra del collegio» [il corsivo è nostro].

In altre parole, per il fatto stesso della sola consacrazione episcopale viene conferito un «ufficio di governare» ossia, per un vescovo, una giurisdizione, il cui esercizio concreto verrà determinato dall’eventuale nomina di questo nuovo vescovo a capo di una diocesi (può anche diventare vescovo ausiliare, vescovo di Curia, nunzio apostolico, ecc.).

Questo piccolo slittamento dottrinale era destinato a far sì che l’episcopato unito al Papa, compresi i vescovi non residenziali (non diocesani), fosse un soggetto, un’istanza di potere plenario su tutta la Chiesa, come è anche il Papa da solo: «L’ordine dei vescovi, il quale succede al collegio degli apostoli nel magistero e nel governo pastorale, anzi, nel quale si perpetua il corpo apostolico senza interruzione, è anch’esso insieme col suo capo il romano Pontefice, e mai senza questo capo, il soggetto di una suprema e piena potestà su tutta la Chiesa», Lumen Gentium n. 22 [il corsivo è nostro]. Il potere plenario nella Chiesa emana sia dal solo Papa, sia dal Papa e da tutti i vescovi dal momento della loro consacrazione.


2/ Un potere immediato. In questa linea di valorizzazione della giurisdizione innata che possiede ogni vescovo, il n. 27 di Lumen Gentium dà un impulso ancora più netto riguardo ai vescovi delle Chiese particolari (essenzialmente diocesi): il loro potere, potestas, è «proprio, ordinario ed immediato» [il corsivo è nostro].

Il termine potestas è meno preciso e soprattutto meno tecnico di quello di jurisdictio, ma è proprio della giurisdizione del vescovo diocesano che si tratta qui, in virtù dei primi due aggettivi utilizzati classicamente per qualificare la giurisdizione episcopale, che è in effetti «propria» (esercitata dal titolare, in questo caso il vescovo, in suo nome e non per delega) e «ordinaria» (inerente alla funzione, in questo caso la sua funzione episcopale diocesana).

La novità considerevole sta nella terza qualifica: il potere di giurisdizione del vescovo diocesano è «immediato», ciò che non infirma affatto la precisazione data dal n. 27: «È sottomesso tuttavia nel suo esercizio alla regolazione ultima che gli viene dall’autorità suprema della Chiesa».

Da parte sua, Pio XII aveva insegnato a tre riprese l’inverso: la giurisdizione di diritto divino dei Successori degli Apostoli, che proviene da Cristo (come del resto ogni giurisdizione), viene ricevuta tramite il Successore di Pietro, tramite la sua mediazione. In Mystici Corporis del 29 giugno 1943 scrive: «Se essi [i vescovi diocesani] godono del potere ordinario di giurisdizione, questo potere è loro immediatamente [il corsivo è nostro] comunicato dal Sommo Pontefice».

Nel contesto dello scisma della Chiesa patriottica di Cina, Pio XII pure riaffermava in Ad sinarum gentem del 7 ottobre 1954: «La potestà di giurisdizione [in generale, ed in particolare quella dei vescovi diocesani] viene direttamente conferita, di diritto divino, ma solo per mezzo del successore di Pietro». Allo stesso modo, in Ad Apostolorum Principis del 29 giugno 1958, papa Pacelli ribadiva chiaramente che «la giurisdizione giunge ai vescovi solo tramite il Pontefice romano».


Vescovi in assenza di giurisdizione

Non v’è dubbio che le consacrazioni episcopali conferite senza mandato da mons. Lefebvre e da mons. de Castro Mayer nel 1988 così come quelle che dovrebbero aver luogo il prossimo primo luglio ad Écône daranno vita in qualche modo a vescovi in «assenza di giurisdizione». Si tratta incontestabilmente di una novità de facto che essi giustificano con la necessità della salvezza delle anime, legge suprema.

È altrettanto indiscutibile che la configurazione data dalla Lumen Gentium alla giurisdizione episcopale rappresenti un’altra novità, intrinseca questa volta. La prima va contro la lettera del diritto canonico, la seconda va contro la lettera e lo spirito del magistero anteriore.


Don Claude Barthe


 

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