Notre lettre 1360 publiée le 20 avril 2026
LA NOTE DOCTRINALE
SUR LES TITRES DE LA SAINTE VIERGE
UNE SÉQUENCE "CONCILIAIRE"
60 ANS APRÈS LE CONCILE DE VATICAN II
UNE ÉTUDE
DE L'ABBÉ CLAUDE BARTHE
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Grande a été l’émotion provoquée par la Note doctrinale Mater Populi fidelis « sur certains titres mariaux qui se réfèrent à la coopération de Marie à l’œuvre du salut », du Dicastère pour la Doctrine de la Foi, publiée le 4 novembre 2025. Document d’un organe de Curie et non directement pontifical, certes, mais deux fois approuvé par le pape, avant sa parution, le 7 octobre 2025, et devant le Dicastère pour la Doctrine de la Foi, le 29 janvier 2026.
Le titre de Marie Corédemptrice serait « toujours inopportun »
Cette Note doctrinale veut saluer et encourager la piété mariale populaire, mais elle entend que cette piété soit éclairée, à la manière d’un néo-jansénisme, et elle écarte l’utilisation de trois titres souvent donnés à la Sainte Vierge, avec des degrés dans le rejet :
« Certaines expressions [« Marie, Mère de la grâce » : le document vise sans doute le titre de Marie Mère de la divine grâce], qui peuvent être théologiquement acceptables, sont facilement chargées d’un imaginaire et d’une symbolique qui transmettent, en fait, d’autres contenus moins acceptables. Par exemple, Marie est présentée comme si elle avait un dépôt de grâce séparé de Dieu ; et l’on ne perçoit pas clairement que le Seigneur, dans sa toute-puissance généreuse et libre, a voulu l’associer à la communication de cette vie divine jaillie d’un centre unique, centre qui est le Cœur du Christ et non pas de Marie. Elle est aussi souvent présentée ou imaginée comme une source d’où découle toute grâce. Si l’on tient compte du fait que l’inhabitation trinitaire (la grâce incréée) et la participation à la vie divine (la grâce créée) sont inséparables, nous ne pouvons pas penser que ce mystère puisse être conditionné par un “passage” par les mains de Marie. De tels imaginaires exaltent Marie de telle sorte que la centralité du Christ lui-même peut disparaître ou, du moins, être conditionnée » (n. 45).
« Certains titres, comme celui de Médiatrice de toutes les grâces, [qui] ont des limites qui ne facilitent pas une compréhension correcte de la place unique de Marie. En effet, elle, la première rachetée, ne peut pas avoir été médiatrice de la grâce qu’elle a reçue elle-même. Il ne s’agit pas d’un détail mineur, car il met en évidence une chose centrale : en elle aussi le don de la grâce la précède et procède de l’initiative absolument gratuite de la Trinité, en vue des mérites du Christ. Elle, comme nous tous, n’a mérité sa justification par aucune de ses actions antérieures, ni par aucune action ultérieure » (n. 67).
Et surtout, le titre de Marie Corédemptrice, dont elle déclare l’utilisation « toujours inopportune : « 22. Compte tenu de la nécessité d’expliquer le rôle subordonné de Marie au Christ dans l’œuvre de la Rédemption, l’utilisation du titre de Corédemptrice pour définir la coopération de Marie est toujours inopportune. Ce titre risque d’obscurcir l’unique médiation salvifique du Christ et peut donc générer une confusion et un déséquilibre dans l’harmonie des vérités de la foi chrétienne, parce qu’« il n’y a de salut en personne d’autre », car « il n’y a pas sous le ciel d’autre nom donné aux hommes par lequel nous devions être sauvés » (Ac 4, 12). Lorsqu’une expression nécessite des explications nombreuses et constantes, afin d’éviter qu’elle ne s’écarte d’un sens correct, elle ne rend pas service à la foi du Peuple de Dieu et devient gênante » [les soulignements sont dans le texte].
Laissons les deux rejets les plus faiblement exprimés, ceux des titres de Mère de grâce et Médiatrice de toutes les grâces. Rappelons tout de même – comme le fait d’ailleurs la Note – que Pie XI a institué en 1921 une messe et un office de Marie Médiatrice de toutes les grâces, pour le diocèse de Malines-Bruxelles, messe et office étendus ensuite à de nombreux diocèses et congrégations). Au minimum, cette entrée dans la lex orandi nous assurait que ce titre marial ne contrevenait en rien à la foi et aux mœurs.
Reste donc le rejet radical de la Corédemption, ou plutôt, car on est dans un genre littéraire plus feutré, le rejet de l’usage du titre qui s’y réfère : « l’utilisation du titre de Corédemptrice pour définir la coopération de Marie est toujours inopportune. »
Le magistère des papes : Marie est Corédemptrice
Mais lorsqu’on parle de Corédemption, plus qu’une éminence en degré de Marie, on évoque une participation spécifique à l’œuvre rédemptrice de son Fils comme « Mère de Dieu » (Éphèse, 430). Si le Christ, seul Prêtre, offre le sacrifice de son Sang, la participation subordonnée de la Mère de Dieu à cette offrande rédemptrice tient à ce que son Fiat a rendu possible la Rédemption, parce qu’elle a fourni la victime du sacrifice. En outre le Christ, qui a souffert toutes les sortes de la souffrance humaine (saint Thomas, Somme théologique, 3a, q 46, a 5), assume aussi la Compassion de sa Mère qui est d’une qualité absolument unique, maternelle. Étant bien entendu, que les mérites de la contribution de Marie à notre salut ne sont pas, comme ceux du Christ, de condigno, de plein droit, mais qu’ils sont de congruo, de convenance, c’est-à-dire accordés par Dieu à la prière de la Bienheureuse Vierge.
Nous renvoyons à notre article « Défense de la doctrine de la Corédemption de la Sainte Vierge »[1] sur les développements traditionnels fondant ce titre : chez saint Irénée (la Vierge Marie, dès son Fiat, « est devenue cause du salut pour elle-même et pour tout le genre humain ») ; saint Justin, Tertullien, saint Jérôme (Marie est au Nouvel Adam, le Christ, ce qu’a été Ève au père de l’humanité) ; Arnaud de Chartres, au XIIe siècle (« Tous deux [le Christ et de Marie] offraient ensemble un seul holocauste, elle, dans le sang de son cœur, lui, dans le sang de sa chair ») ; le terme de Corédemptrice apparaissant au XVe siècle dans un hymne (captivato transgressori, tu Corredemptrix fieres, pour le captif qui a transgressé, tu seras Corédemptrice).
Et nous rappelons que :
Léon XIII, dans son encyclique Adjutricem populi du 5 septembre 1895, affirmait que la réconciliation des peuples séparés de l’Église est spécialement une œuvre de Marie, en liant coopération à la Rédemption et dispensation de grâces : « Car de là, selon les desseins de Dieu, elle a commencé à veiller sur l’Église, à nous assister et à nous protéger comme une Mère, de sorte qu’après avoir été coopératrice de la Rédemption humaine [c’est nous qui soulignons], elle est devenue aussi, par le pouvoir presque immense qui lui a été accordé, la dispensatrice de la grâce qui découle de cette Rédemption pour tous les temps »
Saint Pie X, dans l’encyclique Ad Diem illum du 2 février 1904 sur l’Immaculée Conception, justifie l’appellation de « réparatrice de l’humanité déchue » et de dispensatrice de toutes les grâces : « Quand vint pour Jésus l’heure suprême, on vit la Vierge “debout auprès de la croix, saisie sans doute par l’horreur du spectacle, heureuse pourtant de ce que son Fils s’immolait pour le salut du genre humain, et, d’ailleurs, participant tellement à ses douleurs que de prendre sur elle les tourments qu’il endurait lui eût paru, si la chose eût été possible, infiniment préférable” (saint Bonaventure, I Sent., d. 48, ad Litt., dub. 4). La conséquence de cette communauté de sentiments et de souffrances entre Marie et Jésus, c’est que Marie “mérita très légitimement de devenir la réparatrice de l’humanité déchue”, et, partant, la dispensatrice de tous les trésors que Jésus nous a acquis par sa mort et par son sang. […]. Il s’en faut donc grandement, on le voit, que Nous attribuions à la Mère de Dieu une vertu productrice de la grâce, vertu qui est de Dieu seul. Néanmoins, parce que Marie l’emporte sur tous en sainteté et en union avec Jésus-Christ et qu’elle a été associée par Jésus-Christ à l’œuvre de la rédemption, elle nous mérite de congruo, comme disent les théologiens, ce que Jésus-Christ nous a mérité de condigno, et elle est le ministre suprême de la dispensation des grâces. “Lui, Jésus, siège à la droite de la majesté divine dans la sublimité des cieux” (Hébreux 1, 3). »
Benoît XV, dans la Lettre apostolique, Inter sodalicia, du 22 mars 1918, parle de l’association de la Vierge Marie au rachat accompli par son Fils, association qu’on pourrait appeler co-rachat : « Elle souffrit en effet et mourut presque avec son Fils souffrant et mourant, elle abdiqua ses droits maternels pour le salut des hommes, et autant qu’il lui appartenait, immola son Fils pour apaiser la justice de Dieu, si bien qu’on peut justement dire qu’elle a, avec le Christ, racheté le genre humain » [c’est nous qui soulignons].
Pie XI dans une allocution du 30 novembre 1933 : « Le Rédempteur se devait, nécessairement, d’associer sa Mère à son œuvre. C’est pour cela que nous l’invoquons sous le titre de Corédemptrice [c’est nous qui soulignons]. Elle nous a donné le Sauveur. Elle l’a conduit à son œuvre de rédemption jusqu’à la Croix. Elle a partagé avec lui les souffrances de l’agonie et de la mort en lesquelles Jésus consommait le rachat de tous les hommes. »
Les mots sont d’une grande précision : l’association de Marie au Christ était nécessaire, d’une nécessité de congruence bien sûr ; l’invocation de Marie sous le titre de Corédemptrice est un fait établi ; le partage des souffrances rédemptrices s’explique par la donation initiale qu’elle nous a faite du Sauveur.
Enfin, il faut considérer le raisonnement théologique de Pie XII, dans l’encyclique Ad cæli Reginam, du 11 octobre 1954, dans laquelle il parle de l’association de Marie à la Rédemption en s’appuyant sur la typologie Ève/Marie : « Dans l’œuvre du salut spirituel, Marie fut, par la volonté de Dieu, associée au Christ Jésus, principe de salut, et cela d’une manière semblable à celle dont Ève fut associée à Adam, principe de mort, si bien que l’on peut dire que notre rédemption s’effectua selon une certaine “récapitulation” en vertu de laquelle le genre humain assujetti à la mort par une vierge, se sauve aussi par l’intermédiaire d’une vierge ; en outre on peut dire que cette glorieuse Souveraine fut choisie comme Mère de Dieu précisément pour être associée à Lui dans la Rédemption du genre humain [c’est nous qui soulignons]. »
Mater Populi fidelis, une séquence « conciliaire »
On peut dire que ce texte relève de ce nouveau magistère, dit authentique (ou « pastoral »), fondé par le n. 25 de Lumen Gentium, mais, à la limite, sa qualification importe peu. Il s’agit d’un texte qui émet un jugement à valeur doctrinale : « L’utilisation du titre de Co-rédemptrice pour définir la coopération de Marie est toujours inopportune. »
Il entend au minimum relativiser un ensemble de textes, qui relèvent du magistère de quatre papes successifs[2] et dont la pointe se trouve chez Pie XI : « Le Rédempteur se devait, nécessairement, d’associer sa Mère à son œuvre. C’est pour cela que nous l’invoquons sous le titre de Corédemptrice » (Pie XI).
Ce texte entre de ce fait dans une catégorie de textes similaires qui rusent, pourrait-on dire, avec l’enseignement antérieur, comme : la déclaration Nostra ætate de Vatican II sur le dialogue interreligieux, n. 2, qui passe de la reconnaissance traditionnelle de semences du Verbe dans les religions non chrétiennes à une légitimation des systèmes religieux qui contiennent ces parcelles de vérité : « [L’Église] considère avec un respect sincère [observantia : respect religieux] ces manières d’agir et de vivre, ces règles et doctrines qui, quoiqu’elles diffèrent en beaucoup de points de ce qu’elle-même tient et propose, cependant apportent souvent un rayon de la Vérité qui illumine tous les hommes » ; le décret Unitatis redintegratio de Vatican II sur l’œcuménisme, n. 3qui élabore la notion nouvelle de « communion imparfaite » pour les séparés et suggère une légitimation ecclésiale de leurs communautés comme telles : « L’Esprit du Christ, en effet, ne refuse pas de se servir d’elles comme de moyens de salut, dont la force dérive de la plénitude de grâce et de vérité qui a été confiée à l’Église catholique » ; la déclaration Dignitatis humanæ de Vatican II sur la liberté religieuse, n. 2, qui inverse le principe traditionnel de la tolérance du mal ou de l’erreur par un droit civil à ne pas être empêché de professer l’erreur religieuse ; mais aussi l’exhortation apostolique Amoris lætitia du pape François du 19 mars 2016, n. 301, qui affirme qu’une personne adultère, consciente qu’elle contrevient au commandement, n’est pas nécessairement dans le péché :« Il n’est plus possible de dire que tous ceux qui se trouvent dans une certaine situation dite ‘‘irrégulière’’ vivent dans une situation de péché mortel, privés de la grâce sanctifiante. »
Nous les qualifions donc de « conciliaires » au sens large. Mais plus directement, on peut considérer que Mater Populi fidelis prolonge et achève la démarche de Vatican II, dont les Pères ont accepté que le schéma spécifique qui avait été préparé sur la Bienheureuse Vierge Marie fût intégré au schéma sur l’Église (il est devenu le VIIIème chapitre de Lumen Gentium), et que le titre de Médiatrice de toutes les grâces, ne fût pas, à défaut d’une proclamation dogmatique, expressément explicité et mis en valeur, mais évoqué seulement comme en passant dans une série de titres : « La bienheureuse Vierge est invoquée dans l’Église sous les titres d’avocate, auxiliatrice, secourable, médiatrice, tout cela cependant entendu de telle sorte que nulle dérogation, nulle addition n’en résulte quant à la dignité et à l’efficacité de l’unique Médiateur, le Christ » (n. 62).
Abbé Claude Barthe
[1]. Défense de la doctrine de la Corédemption de la Sainte Vierge – Res Novae.
[2]. Que la Note doctrinale écarte d’un revers de la main : « Certains Pontifes ont utilisé ce titre sans trop s’attarder à l’expliquer » (n. 18). Cependant, il relève en note 33 d’autres occurrences de cette utilisation : un document de la Sacrée Congrégation des Rites (13 mai 1908) ; deux documents du Saint-Office (26 juin 1913, 22 janvier 1914) ; bref de Pie XI du 20 juillet 1925 ; discours “Ecco di nuovo” (30 novembre 1933).
THE DOCTRINAL NOTE
ON THE TITLES OF THE BLESSED VIRGIN
A "CONCILIARY" SEQUENCE
60 YEARS AFTER THE SECOND VATICAN COUNCIL
A STUDYBY FATHER CLAUDE BARTHE
A shockwave was sent by the Doctrinal Note Mater Populi fidelis “on some Marian Titles Regarding Mary’s Cooperation in the Work of Salvation”, published by the Dicastery for the Doctrine of the Faith on November 4, 2025. Admittedly, it is a document from a curial institution and is not directly pontifical, but it was approved twice by the Pope, prior to its publication on October 7, 2025, then during a meeting with the Dicastery for the Doctrine of the Faith on January 29, 2026.
The title of Mary Co-redemptrix deemed “always inappropriate”.
This Doctrinal Note seeks to welcome and encourage popular Marian devotion, but it intends that this devotion be enlightened, in the manner of a sort of neo-Jansenism, and it rules out the use of three titles often attributed to the Blessed Virgin, with varying degrees of rejection:
“Certain expressions [‘Mary, Mother of Grace’: the document undoubtedly refers to the title of Mary Mother of Divine Grace] that could be theologically acceptable can easily become laden with concepts and symbolism that convey less acceptable notions. For example, Mary is sometimes portrayed as if she possessed a repository of grace separate from God. In such a notion, it is not so clear that it is the Lord who ? in his generous and free omnipotence ? willed to associate her with the sharing of that divine life which springs forth from the sole center that is the Heart of Christ, not that of Mary. She is also frequently portrayed or imagined as a fountain from which all grace flows. If one considers the fact that the Trinitarian indwelling (uncreated grace) and our participation in the divine life (created grace) are inseparable, we cannot think that this mystery depends on a ‘passage’ through Mary’s hands. Such notions elevate Mary so highly that Christ’s own centrality may disappear or, at least, become conditioned.” (n° 45)
“Some titles, such as ‘Mediatrix of All Graces,’ have limits that do not favor a correct understanding of Mary’s unique place. In fact, she, the first redeemed, could not have been the mediatrix of the grace that she herself received. This is not a minor point since it reveals something central: even in Mary’s case, the gift of grace precedes her and comes from the absolutely free initiative of the Trinity in view of Christ’s merits. Like all of us, she did not merit her justification by a preceding action of her own, nor did she do so by any subsequent action.” (n° 67)
And above all, the title of Mary Co-redemptrix, which it declares to be “always inappropriate”: “22. Given the necessity of explaining Mary’s subordinate role to Christ in the work of Redemption, it is always inappropriate to use the title ‘Co-redemptrix’ to define Mary’s cooperation. This title risks obscuring Christ’s unique salvific mediation and can therefore create confusion and an imbalance in the harmony of the truths of the Christian faith, for ‘there is salvation in no one else, for there is no other name under heaven given among men by which we must be saved’ (Acts 4:12). When an expression requires many, repeated explanations to prevent it from straying from a correct meaning, it does not serve the faith of the People of God and becomes unhelpful.” [emphasis in the text].
Let us leave aside the two most weakly expressed rejections, those of the titles Mother of Grace and Mediatrix of All Graces. Let us nevertheless recall ? as does the Note ? that in 1921 Pius XI instituted a Mass and an Office of Mary Mediatrix of All Graces, for the diocese of Mechelen-Brussels, which were then extended to many dioceses and congregations. At the very least, this entry into the lex orandi assured us that this Marian title did not in any way contravene the Catholic faith and morals.
What remains, then, is the radical rejection of the Co-redemption, or rather, since we are dealing with a more subtle literary genre, the rejection of the use of the title that refers to this doctrine: “it is always inappropriate to use the title ‘Co-redemptrix’ to define Mary’s cooperation.”
The Magisterium of the Popes: Mary is Co-Redemptrix
Yet when we speak of Co-redemption, more than an eminence in degree with regard to Mary, we are referring to a specific participation in the redemptive work of her Son as “Mother of God” (Ephesus, 430). If Christ, the sole Priest, offers the sacrifice of his Blood, the subordinate participation of the Mother of God in this redemptive offering is due to the fact that her Fiat made the Redemption possible, because she provided the victim of the sacrifice. Furthermore, Christ, who endured all kinds of human suffering (St. Thomas, Summa Theologica, 3a, q 46, a 5), also wills and welcomes the Compassion of his Mother, which is of an absolutely unique, maternal quality. It is well understood that the merits of Mary’s contribution to our salvation are not, like those of Christ, de condigno, by right and justice, but de congruo, by way of fittingness, that is, granted by God in response to the prayer of the Blessed Virgin.
We refer the reader to our article, “Défense de la doctrine de la Corédemption de la Sainte Vierge”[1], which deals with the traditional development of the doctrine underlying this title: on the part of St. Irenaeus (the Virgin Mary, from the moment of her Fiat, “became the cause of salvation for herself and for the entire human race”); as well as St. Justin, Tertullian, and St. Jerome (Mary is to the New Adam, Christ, what Eve was to the father of the human race); and Arnaud de Chartres, in the 12th century (“Both [Christ and Mary] offered together one single holocaust, she through the blood of her heart, he through the blood of his flesh”); with the term Co-Redemptrix appearing in the 15th century in a hymn (captivato transgressori, tu Corredemptrix fieres, for the captive who has transgressed, you will be the Co-redemptrix).
And we might recall that:
Leo XIII, in his encyclical Adjutricem populi of September 5, 1895, affirmed that the reconciliation of those who are separated from the Church is most especially the mission of Mary, while linking her cooperation with Redemption with the dispensation of graces: “From her heavenly abode she began, by God’s decree, to watch over the Church, to assist and befriend us as our Mother; so that she who was so intimately associated with the mystery of human salvation [emphasis added] is just as closely associated with the distribution of the graces which for all time will flow from the Redemption.”
Saint Pius X, in his encyclical Ad Diem Illum of February 2, 1904, on the Immaculate Conception, justifies the title “Reparatrix of the lost world” and Dispensatrix of all graces: “When the supreme hour of the Son came, beside the Cross of Jesus there stood Mary His Mother, not merely occupied in contemplating the cruel spectacle, but rejoicing that her Only Son was offered for the salvation of mankind, and so entirely participating in His Passion, that if it had been possible she would have gladly borne all the torments that her Son bore (S. Bonav. 1. Sent d. 48, ad Litt. dub. 4). And from this community of will and suffering between Christ and Mary she merited to become most worthily the Reparatrix of the lost world (Eadmeri Mon. De Excellentia Virg. Mariae, c. 9) and Dispensatrix of all the gifts that Our Savior purchased for us by His Death and by His Blood. […] We are then, it will be seen, very far from attributing to the Mother of God a productive power of grace ? a power which belongs to God alone. Yet, since Mary carries it over all in holiness and union with Jesus Christ, and has been associated by Jesus Christ in the work of redemption, she merits for us de congruo, in the language of theologians, what Jesus Christ merits for us de condigno, and she is the supreme Minister of the distribution of graces. Jesus ‘sitteth on the right hand of the majesty on high’ (Hebrews 1:3).”
Benedict XV, in his Apostolic Letter, Inter sodalicia, of March 22, 1918, speaks of the association of the Virgin Mary with the redemption accomplished by her Son, an association that could be called co-redemption: “Mary suffered and, as it were, nearly died with her suffering Son; for the salvation of mankind she renounced her mother’s rights and, as far as it depended on her, offered her Son to placate divine justice; so we may well say that she with Christ redeemed mankind.” [emphasis added]
Pius XI in an address on November 30, 1933, states: “From the nature of His work the Redeemer necessarily had to associate His Mother with His work. For this reason, we invoke her under the title of Coredemptrix. [emphasis added]. She gave us the Savior. She led him to his work of redemption, even to the Cross. She shared with him the sufferings of agony and death through which Jesus accomplished the redemption of all mankind.”
The words are very precise: Mary’s association with Christ was necessary, a necessity of congruence, of course; the invocation of Mary under the title of Co-redemptrix is an established fact; the sharing of redemptive suffering is explained by the initial gift she offered to us of the Savior.
Finally, we must consider the theological reasoning of Pius XII in the encyclical Ad cæli Reginam of October 11, 1954, in which he speaks of Mary’s association with the work of Redemption based on the Eve/Mary typology: “Mary, in taking an active part in the work of salvation, was, by God’s design, associated with Jesus Christ, the source of salvation itself, in a manner comparable to that in which Eve was associated with Adam, the source of death, so that it may be stated that the work of our salvation was accomplished by a kind of ‘recapitulation’, in which a virgin was instrumental in the salvation of the human race, just as a virgin had been closely associated with its death; … moreover, it can likewise be stated that this glorious Lady had been chosen Mother of Christ ‘in order that she might become a partner in the redemption of the human race.’” [emphasis added]
Mater Populi fidelis, the latest episode in the “conciliar” saga
It can be said that this text belongs to the new magisterium, known as authentic (or “pastoral”), established by n° 25 of Lumen Gentium, but, ultimately, its classification is of little import. It is a text that expresses a judgment of doctrinal value: “it is always inappropriate to use the title ‘Co-redemptrix’.”
At the very least, it seeks to relativize a set of texts that fall under the magisterium of four successive popes[2], the most significant of which is found in Pius XI: “the Redeemer necessarily had to associate His Mother with His work. For this reason, we invoke her under the title of Coredemptrix.” (Pius XI)
This Doctrinal Note therefore falls into a category of similar texts that, one might say, play fast and loose with previous teachings, such as: the Second Vatican Council’s declaration Nostra ætate on interreligious dialogue, n° 2, which moves from the traditional acknowledgement of seeds of the Word in non-Christian religions to a legitimization of the religious systems that contain these fragments of truth: “[The Church] regards with sincere reverence [observantia: religious respect] those ways of conduct and of life, those precepts and teachings which, though differing in many aspects from the ones she holds and sets forth, nonetheless often reflect a ray of that Truth which enlightens all men.”; the Second Vatican Council’s decree Unitatis redintegratio on ecumenism, n° 3, which develops the new concept of “imperfect communion” for those who are separated and suggests an ecclesial legitimization of their communities as such: “For the Spirit of Christ has not refrained from using them as means of salvation which derive their efficacy from the very fullness of grace and truth entrusted to the Church.”; the Second Vatican Council’s declaration Dignitatis humanæ on religious liberty, n° 2, which inverts the traditional principle of the tolerance of evil or of error with a civil right not to be impeded from professing religious error; but also Pope Francis’ apostolic exhortation Amoris lætitia of March 19, 2016, n° 301, which affirms that an adulterous person, aware that they are contravening a commandment of God, is not necessarily in a state of sin:“It can no longer simply be said that all those in any ‘irregular’ situation are living in a state of mortal sin and are deprived of sanctifying grace.”
We may therefore describe these texts as being “conciliar” in the broad sense. But more directly, we can consider that Mater Populi fidelis prolongs and completes the process of Vatican II, whose Fathers accepted that the specific schema, or draft, that had been prepared on the Blessed Virgin Mary be integrated into the schema on the Church (so as to become the eighth chapter of Lumen Gentium), and that the title of Mediatrix of All Graces, in the absence of a dogmatic proclamation, be neither expressly explicated nor highlighted, but merely mentioned in passing among a series of titles: “The Blessed Virgin is invoked by the Church under the titles of Advocate, Auxiliatrix, Adjutrix, and Mediatrix. This, however, is to be so understood that it neither takes away from nor adds anything to the dignity and efficaciousness of Christ the one Mediator.” (n° 62).
Fr. Claude Barthe
[1] Défense de la doctrine de la Corédemption de la Sainte Vierge ? Res Novae.
[2] Which the Doctrinal Note dismisses with a wave of the hand: “Some Popes have used the title “Co-redemptrix” without elaborating much on its meaning.” (n° 18). However, in note 33, it points out other occurrences of this usage: a document of the Sacred Congregation of Rites (May 13, 1908); two documents of the Sacred Congregation of the Holy Office (June 26, 1913, January 22, 1914); a Brief from Pius XI dated July 20, 1925; and the Allocution “Ecco di nuovo” (November 30, 1933).
NOTA DOTTRINALE
SUI TITOLI DELLA BEATA VERGINE
UNA SEQUENZA "CONCILIARE"
60 ANNI DOPO IL CONCILIO VATICANO
UNO STUDIODI PADRE CLAUDE BARTHE
Grande è stato il turbamento suscitato dalla Nota dottrinale Mater Populi fidelis «su alcuni titoli mariani, che si riferiscono alla cooperazione di Maria all’opera di salvezza» del Dicastero per la Dottrina della Fede, pubblicata il 4 novembre 2025. Documento di un organismo di Curia, certo, ma due volte approvato dal Papa, prima della sua pubblicazione, il 7 ottobre 2025, e davanti al Dicastero per la Dottrina della Fede, il 29 gennaio 2026.
Il titolo di Maria Corredentrice sarebbe «sempre inappropriato»
Questa Nota dottrinale vuole salutare ed incoraggiare la pietà mariana popolare, ma pretende che questa pietà venga chiarita, nello stile proprio di un neo-giansenismo, e scarta l’uso di tre titoli spesso attribuiti alla Santa Vergine, con vari gradi di rifiuto:
«Certe espressioni [«Maria, Madre della grazia»: il documento si riferisce senza dubbio al titolo di Maria Madre della divina grazia], che possono essere teologicamente accettabili, si caricano facilmente di un immaginario e di un simbolismo che trasmettono, di fatto, altri contenuti, meno accettabili. Ad esempio, Maria viene presentata come se avesse un deposito di grazia separato da Dio, dove non si percepisce così chiaramente che il Signore, nella sua onnipotenza generosa e libera, ha voluto associarla alla comunicazione di quella vita divina che scaturisce da un unico centro, che è il Cuore di Cristo, non Maria. È anche frequente che venga presentata o immaginata come una fonte da cui sgorga ogni grazia. Se si tiene conto che l’inabitazione trinitaria (grazia increata) e la partecipazione alla vita divina (grazia creata) sono inseparabili, non possiamo pensare che questo mistero possa essere condizionato da un “passaggio” attraverso le mani di Maria. Immaginari di questo tipo esaltano Maria in modo tale che la centralità di Cristo stesso possa scomparire o, almeno, essere condizionata» (n. 45).
«Alcuni titoli, come per esempio quello di Mediatrice di tutte le grazie, [che] hanno dei limiti che non facilitano la corretta comprensione del ruolo unico di Maria. Difatti, lei, che è la prima redenta, non può essere stata mediatrice della grazia da lei stessa ricevuta. Non si tratta di un dettaglio di poca importanza, perché rivela qualcosa di centrale: che, anche in lei, il dono della grazia la precede e procede dall’iniziativa assolutamente gratuita della Trinità, in previsione dei meriti di Cristo. Lei, come tutti noi, non ha meritato la propria giustificazione a motivo di alcuna sua azione precedente, né tanto meno di alcuna sua azione successiva» (n. 67).
E soprattutto, il titolo di Maria Corredentrice, di cui la Nota dichiara l’uso «sempre inappropriato»: «22. Considerata la necessità di spiegare il ruolo subordinato di Maria a Cristo nell’opera della Redenzione, è sempre inappropriato usare il titolo di Corredentrice per definire la cooperazione di Maria. Questo titolo rischia di oscurare l’unica mediazione salvifica di Cristo e, pertanto, può generare confusione e squilibrio nell’armonia delle verità della fede cristiana, perché “in nessun altro c’è salvezza; non vi è infatti, sotto il cielo, altro nome dato agli uomini, nel quale è stabilito che noi siamo salvati” (At 4, 12). Quando un’espressione richiede numerose e continue spiegazioni, per evitare che si allontani dal significato corretto, non serve alla fede del Popolo di Dio e diventa sconveniente» [i corsivi sono nel testo].
Tralasciamo i due rifiuti espressi in modo più debole, quelli dei titoli di Madre di grazia e Mediatrice di tutte le grazie. Ricordiamo comunque – come del resto fa la Nota – che Pio XI ha istituito nel 1921 una messa ed un ufficio di Maria Mediatrice di tutte le grazie per la diocesi di Malines-Bruxelles, messa e ufficio poi estesi a numerose diocesi e congregazioni. Come minimo, questo ingresso nella lex orandi ci assicurava che tale titolo mariano non contravvenisse in alcun modo alla fede ed ai costumi.
Resta dunque il rifiuto radicale della Corredenzione o, meglio, poiché ci troviamo in un genere letterario più ovattato, il rifiuto dell’uso del titolo che vi si riferisce: «l’utilizzo del titolo di Corredentrice per definire la cooperazione di Maria è sempre inappropriato».
Il magistero dei Papi: Maria è Corredentrice
Ma, quando si parla di Corredenzione, più che di un’eminenza di Maria in termini di grado, si evoca una partecipazione specifica all’opera redentrice di suo Figlio in quanto «Madre di Dio» (Efeso, 430). Se Cristo, unico Sacerdote, offre il sacrificio del suo Sangue, la partecipazione subordinata della Madre di Dio a questa offerta redentrice deriva dal fatto che il suo Fiat ha reso possibile la Redenzione, poiché lei ha fornito la vittima del sacrificio. Inoltre Cristo, che ha sofferto ogni tipo di sofferenza umana (san Tommaso, Somma teologica, III, q. 46, a. 5), assume anche la Compassione di sua Madre, che è di una qualità assolutamente unica, materna. Resta inteso che i meriti del contributo di Maria alla nostra salvezza non sono, come quelli di Cristo, de condigno, di pieno diritto, ma sono de congruo, di convenienza, cioè accordati da Dio alla preghiera della Beata Vergine.
Rimandiamo al nostro articolo «Défense de la doctrine de la Corédemption de la Sainte Vierge»[1] [«Difesa della dottrina della Corredenzione della Santa Vergine»] sugli sviluppi tradizionali che fondano questo titolo: in sant’Ireneo (la Vergine Maria, fin dal suo Fiat, «è divenuta causa della salvezza per se stessa e per tutto il genere umano»); san Giustino, Tertulliano, san Girolamo (Maria è per il Nuovo Adamo, Cristo, ciò che Eva è stata per il padre dell’umanità); Arnaldo di Chartres, nel XII secolo («Entrambi [Cristo e Maria] hanno offerto insieme un solo olocausto, lei, con il sangue del suo cuore, Lui, con il sangue della sua carne»); il termine di Corredentrice è apparso nel XV secolo (captivato transgressori, tu Corredemptrix fieres, per il prigioniero che ha trasgredito, tu sarai Corredentrice).
E ricordiamo che:
Leone XIII, nella sua enciclica Adjutricem populi del 5 settembre 1895, affermava che la riconciliazione dei popoli separati dalla Chiesa è in modo speciale opera di Maria, collegando la cooperazione alla Redenzione alla dispensazione delle grazie: «Infatti di là, secondo i disegni di Dio, ella cominciò a vegliare sulla Chiesa e ad assisterci e proteggerci come una Madre in modo che, dopo esser stata cooperatrice del mistero della umana Redenzione [il corsivo è nostro], così, con il potere quasi illimitato che le era stato conferito, fu dispensatrice della grazia che per tutti i tempi deriva da questa redenzione».
San Pio X, nell’enciclica Ad Diem illum del 2 febbraio 1904 sull’Immacolata Concezione, giustifica l’appellativo di «riparatrice dell’umanità decaduta» e dispensatrice di tutte le grazie: «Quando venne per Gesù l’ultima ora e “Sua Madre stava presso la Croce”, oppressa dal tragico spettacolo e nello stesso tempo felice “perché Suo Figlio si immolava per la salvezza del genere umano, partecipava d’altronde ai Suoi dolori a tal punto che Le sarebbe sembrato infinitamente preferibile prendere su di sé tutti i tormenti del Figlio, se fosse stato possibile” (san Bonaventura, I Sent., d. 48, ad Litt., dub. 4). La conseguenza di questa comunione di sentimenti e di sofferenze fra Maria e Gesù è che Maria “divenne legittimamente degna di riparare l’umana rovina” e perciò di dispensare tutti i tesori che Gesù procurò a noi con la Sua morte ed il Suo sangue. […] Siamo ben lontani dall’attribuire alla Madre di Dio una virtù produttrice di grazie: quella virtù che è solo di Dio. Tuttavia, poiché Maria supera tutti nella santità e nell’unione con Gesù Cristo ed è stata associata da Gesù Cristo nell’opera di redenzione, Ella ci procura de congruo, come dicono i teologi, ciò che Gesù Cristo ci ha procurato de condigno ed è la suprema dispensatrice di grazie. Gesù “siede alla destra della Maestà Divina nell’altezza dei Cieli” (Ebrei 1, 3)».
Benedetto XV, nella Lettera apostolica Inter sodalicia del 22 marzo 1918, parla dell’associazione della Vergine Maria al riscatto compiuto da suo Figlio, associazione che si potrebbe definire co-redenzione: «Perché così ella soffrì e quasi morì con il Figlio suo sofferente e morente, così rinunciò per la salvezza degli uomini ai suoi diritti di madre su questo Figlio e, benché le appartenesse, lo immolò per placare la divina giustizia, sicché si può dire, a ragione, che ella abbia redento con Cristo il genere umano» [il corsivo è nostro].
Pio XI in un’allocuzione del 30 novembre 1933: «Il Redentore doveva, necessariamente, associare sua Madre alla propria opera. È per questo che noi la invochiamo col titolo di Corredentrice [il corsivo è nostro]. Lei ci ha dato il Salvatore. Lei lo ha accompagnato nella sua opera di redenzione fino alla Croce. Ha condiviso con Lui le sofferenze dell’agonia e della morte con cui Gesù ha compiuto il riscatto di tutti gli uomini».
Le parole sono di una grande precisione: l’associazione di Maria a Cristo era necessaria, certamente per una necessità di congruità; l’invocazione di Maria col titolo di Corredentrice è un fatto accertato; la condivisione delle sofferenze redentrici si spiega con il dono iniziale che Ella ci ha fatto del Salvatore.
Infine, bisogna considerare il ragionamento teologico di Pio XII nell’enciclica Ad Cæli Reginam dell’11 ottobre 1954, in cui parla dell’associazione di Maria alla Redenzione, basandosi sulla tipologia Eva/Maria: «Maria, nell’opera della salvezza spirituale, per volontà di Dio fu associata a Cristo Gesù, principio di salvezza, e ciò in maniera simile a quella con cui Eva fu associata ad Adamo, principio di morte, sicché si può affermare che la nostra redenzione si compì secondo una certa “ricapitolazione” per cui il genere umano, assoggettato alla morte per causa di una vergine, si salva anche per mezzo di una Vergine; inoltre si può dire che questa gloriosissima Signora venne scelta a Madre di Dio proprio per essere a lui associata nella redenzione del genere umano» [il corsivo è nostro].
Mater Populi fidelis, una sequela «conciliare»
Si può dire che questo testo rientri nel nuovo magistero, detto autentico (o «pastorale»), fondato dal n. 25 di Lumen Gentium, ma, in definitiva, la sua qualificazione ha poca importanza. Si tratta di un testo che esprime un giudizio di valore dottrinale: «L’uso del titolo di Corredentrice per definire la cooperazione di Maria è sempre inappropriato».
Ciò significa come minimo relativizzare un insieme di testi, che rientrano nel magistero di quattro Papi successivi[2] ed il cui apice si trova in Pio XI: «Il Redentore doveva, necessariamente, associare sua Madre alla propria opera. È per questo che noi la invochiamo col titolo di Corredentrice» (Pio XI).
Questo testo rientra perciò in una categoria di testi simili, che giocano d’astuzia, si potrebbe dire, con l’insegnamento precedente come: la dichiarazione Nostra ætate del Vaticano II sul dialogo interreligioso, n. 2, che passa dal riconoscimento tradizionale dei semi del Verbo nelle religioni non cristiane ad una legittimazione dei sistemi religiosi che contengono questi frammenti di verità: «[La Chiesa] considera con sincero rispetto [observantia: rispetto religioso] quei modi di agire e di vivere, quei precetti e quelle dottrine che, quantunque in molti punti differiscano da quanto essa stessa crede e propone, tuttavia non raramente riflettono un raggio di quella verità che illumina tutti gli uomini»; il decreto Unitatis redintegratio del Vaticano II sull’ecumenismo, n. 3, che elabora la nuova nozione di «comunione imperfetta» per i separati e suggerisce una legittimazione ecclesiale delle loro comunità in quanto tali: «Lo Spirito di Cristo infatti non ricusa di servirsi di esse come di strumenti di salvezza, la cui forza deriva dalla stessa pienezza della grazia e della verità, che è stata affidata alla Chiesa cattolica»; la dichiarazione Dignitatis humanæ del Vaticano II sulla libertà religiosa, n. 2, che inverte il principio tradizionale della tolleranza del male o dell’errore con un diritto civile a non esser impediti di professare l’errore religioso; ma anche l’esortazione apostolica Amoris lætitia di papa Francesco del 19 marzo 2016, n. 301, la quale afferma che una persona adultera, consapevole di contravvenire al comandamento, non si trova necessariamente nel peccato: «Non è più possibile dire che tutti coloro che si trovano in qualche situazione cosiddetta “irregolare” vivano in stato di peccato mortale, privi della grazia santificante».
Li definiamo quindi «conciliari» in senso lato. Ma più direttamente, si può considerare che Mater Populi fidelis prolunghi e completi il percorso del Vaticano II, i cui i Padri hanno accettato che lo schema specifico che era stato preparato sulla Beata Vergine Maria fosse integrato nello schema sulla Chiesa (è diventato l’VIII capitolo di Lumen Gentium) e che il titolo di Mediatrice di tutte le grazie non venisse, in mancanza di una proclamazione dogmatica, espressamente esplicitato e valorizzato, bensì solo evocato di sfuggita in una serie di titoli: «La Beata Vergine è invocata nella Chiesa con i titoli di avvocata, ausiliatrice, soccorritrice, mediatrice. Ciò però va inteso in modo che nulla sia detratto o aggiunto alla dignità ed all’efficacia di Cristo, unico Mediatore» (n. 62).
Don Claude Barthe
[1] Défense de la doctrine de la Corédemption de la Sainte Vierge – Res Novae.
[2] Che la Nota dottrinale liquida con noncuranza: «Alcuni Pontefici hanno impiegato questo titolo senza soffermarsi a spiegarlo» (n. 18). Tuttavia, nella nota 33 riporta altri casi in cui è stato utilizzato: un documento della Sacra Congregazione dei Riti (13 maggio 1908); due documenti del Sant’Uffizio (26 giugno 1913, 22 gennaio 1914); il breve di Pio XI del 20 luglio 1925; il discorso “Ecco di nuovo” del 30 novembre 1933.




