Notre lettre 1348 publiée le 25 mars 2026

UN PROGRESSISME « DOUX », UNE RÉALITÉ DURE

LES VEILLEURS POURSUIVENT
POUR LA 235ÈME SEMAINE
LEURS PRIÈRES POUR LA DÉFENSE
DE LA MESSE TRADITIONNELLE
DEVANT L'ARCHEVÊCHÉ DE PARIS
DU LUNDI AU VENDREDI
DE 13H À 13H30
10 RUE DU CLOÎTRE-NOTRE-DAME
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Chers Amis,

Miguel Escrivá dans Infovaticana du 13 mars a publié une fort intéressante analyse des quatre plus importantes nominations faite par Léon XIV, qui ont incontestablement une portée stratégique : celle du nouveau préfet du Dicastère des Évêques, Filippo Iannone, celle de l’archevêque de Vienne, Josef Grünwidl, celle de l’archevêque de Prague, Stanislav Pribyl, et celle de l’archevêque de New York, Ronald A. Hicks. Ces quatre prélats ont d’ailleurs toutes les chances de revêtir la pourpre romaine lors du consistoire qui se réunira à cet effet. Ils indiquent quel est le nouveau modèle des grands responsables ecclésiaux.

On n’est plus dans le style François : « Ce ne sont pas, écrit Miguel Escrivá, de vieux progressistes grossiers, ravis de scandaliser la bourgeoisie catholique avec une esthétique de "pauvre prêtre" transformée en performance morale, ni des hommes de restauration doctrinale, liturgique ou ascétique. Ils sont autre chose : des gestionnaires ecclésiaux avec des manières douces, culturellement aisés, institutionnellement fiables, présentables aux médias et suffisamment ductiles pour ne pas (pour l’instant) rompre complètement avec quoi que ce soit, mais pour déplacer l’axe de l’Église sans qu’il soit nécessaire de le déclarer. Cela peut être plus troublant que le progressisme brutal des années 80, car il agit sans stridence et il réforme sans avouer qu’il est réformateur. La mutation cesse de se présenter comme un combat et se manifeste comme une chose normale. C’est sa force. »

Ainsi Filippo Iannone, l’homme qui va désormais nommer les évêques est un technocrate, un homme de l’appareil juridique-canonique de Rome. Il va promouvoir de « hommes équilibrés », « dialoguants », « non polarisants ». Au rythme du actuel du remplacement des évêques, dans 10 ans, l’épiscopal mondial sera largement fait de prélats « doux, gérables et doctrinalement poreux. »

Josef Grünwidl (Vienne) est le plus audacieux de quatre, membre de l’appareil diocésain viennois, sans densité intellectuelle ni épaisseur liturgique visible, mais qui a défendu le diaconat féminin, l’éventuel abandon du célibat pour tous les prêtres, l’inclusion des femmes dans les processus décisionnels. Il est hostile au « néo-intégralisme » et au christianisme trop identitaire des jeunes prêtres et séminaristes d’aujourd’hui. Mais son réformisme n’est pas frontal : il se présente comme un modéré raisonnable.

Stanislav Pribyl (Prague) entend « construire des ponts », écouter, dialoguer, synodaliser, tout en parlant beaucoup du depositum fidei et de la nécessité de la nouvelle évangélisation. Ce n’est pas un progressiste explicite.

Ronald A. Hicks (New York), qui remplace le passablement classique Dolan, est l’équivalent américain de ce nouveau type de responsables « doux », au moins d’apparence. Il a longtemps travaillé avec Blase Cupich, le plus progressiste des évêques américains, dont il a été l’auxiliaire. Son programme : éviter les divisions, « marcher avec les blessés », privilégier « la guérison » (comme le fait Amoris lætitia avec les époux adultères) et la mission. Il se montre un progressiste affable, ne persécute pas les traditionalistes.

« En d’autres termes, conclut Miguel Escrivá, ces hommes ne sont pas dangereux parce qu’ils ressemblent à des loups. Ils sont dangereux parce qu’ils semblent inoffensifs. » Et encore : ils ne ridiculisent plus le catholicisme identitaire, mais le relativisent. Ces prélats sont orthodoxes en surface, et ne disent que rarement des choses intolérables. Ils pratiquent l’écoute, l’accompagnement, la gestion des équilibres et parlent de synodalité, de synodalité, de synodalité.

« C’est pourquoi il n’y a généralement pas chez eux de réelle préoccupation liturgique. Ce ne sont pas des iconoclastes liturgiques à la manière des années soixante-dix, mais la liturgie n’a plus d’importance pour eux en tant que lieu théologique central. Elle ne compte qu’en tant que cadre pastoral, comme scénario fonctionnel, comme soutien communautaire. Au final, l’absence de guerre liturgique ne signifie pas l’amour de la liturgie, mais l’indifférence. »

Miguel Escrivá est-il trop pessimiste ? Je ne sais. Mais je sais que ces progressistes « doux », qu’ils le veuillent ou non, vont rencontrer une réalité dure, à deux égards. Celle d’une Église en faillite : non seulement, elle perd ses pratiquants, ses vocations, ses maisons religieuses, ses ressources financières, mais après 60 ans d’enseignement inconsistant ou ambigu, la foi de ses fidèles est devenue inconstante.

Et aussi la réalité du « problème » de la liturgie traditionnelle. Sans doute ces responsables ecclésiastiques voudront faire en sorte qu’elle ne soit pas « instrumentalisée » à la manière d’un « drapeau », comme l’écrivait Dom Geoffroy Kemlin, père abbé de Solesmes, dans une lettre au pape dont nous aurons l’occasion de parler. Mais ces doux traditionnels dont ils rêvent et qui se laisseraient encoconner n’existent pas.

À la différence des prêtres de l’Opus Dei, de l’Emmanuel ou de la Communauté Saint-Martin, et autres partisans d’une troisième voie, ls traditionnels ont des revendications toutes simples quant à la liturgie et au catéchisme qu’il est impossible de contourner : ils entendent célébrer la messe et enseigner le catéchisme qu’on leur a transmis et qui sont intégralement catholiques. Ces traditionnels ne sont peut-être pas majoritaires, pour l’instant en tout cas, mais ils sont là, nombreux, jeunes, en croissance régulière, avec des vocations, des églises pleines. Les gestionnaires synodaux, dont la machine tourne artificiellement sur elle-même, devront faire avec cette réalité très réelle.

Les veilleurs parisiens en sont les témoins. Imperturbablement, ils récitent le chapelet pour la liberté de la liturgie traditionnelle, 10 rue du Cloître-Notre-Dame, du lundi au vendredi, de 13h à 13h 30, à Saint-Georges de La Villette, 114 avenue Simon Bolivar, dans le XIXe, le mercredi et le vendredi à 17h, devant Notre-Dame du Travail, dans le XIVe, le dimanche à 18h 15, à Sainte-Clotilde, dans le VIIe, le lundi à 12h 45.

En union de prière et d’amitié,

Christian Marquant

 

“SOFT” PROGRESSIVISM, HARSH REALITY


235th WEEK: THE SENTINELS CONTINUE THEIR PRAYERS
FOR THE DEFENSE OF THE TRADITIONAL MASS
IN FRONT OF THE ARCHDIOCESE OF PARIS
 
Miguel Escrivá published a very interesting analysis in Infovaticana on March 13th of the four most important appointments made by Leo XIV, which undoubtedly have a strategic relevance: the appointment of the new Prefect of the Dicastery for Bishops, Filippo Iannone; the Archbishop of Vienna, Josef Grünwidl; the Archbishop of Prague, Stanislav Pribyl; and the Archbishop of New York, Ronald A. Hicks. It is very likely that these four prelates will receive the red hat at the consistory that will be convened for that purpose. They represent the new model for high-ranking ecclesiastical dignitaries.

It is no longer Francis's style: "They are not," writes Miguel Escrivá, " the old banner-waving progressives, disheveled, coarse, delighted to scandalize the Catholic bourgeois with an aesthetic of «poor priest» turned into moral performance. Nor are they men of doctrinal, liturgical, or ascetic restoration. They are something else: ecclesial managers with soft manners, culturally accommodated, institutionally reliable, media-presentable, and sufficiently ductile to (for now) not break completely with anything, but yes to shift the axis of the Church without needing to declare it. This may be more unsettling than the bronco progressivism of the eighties, because it wears down without stridency and reforms without confessing that it is reforming. The mutation stops being presented as combat and is presented as normality. That is its strength."

Thus, Filippo Iannone, the man who will now appoint the new bishops, is a technocrat, a man of the legal and canonical apparatus of Rome. He will promote "balanced," "dialogue-oriented," and "non-polarizing" men. At the current rate of episcopal replacement, in 10 years, the world episcopal body will be largely composed of "soft, manageable, and doctrinally porous" prelates.

Josef Grünwidl (Vienna) is the boldest of the four, a member of the Viennese diocesan apparatus, lacking intellectual depth or visible liturgical substance, but who has defended the female diaconate, the possible abandonment of celibacy for all priests, and the inclusion of women in decision-making processes. He is hostile to "neo-integralism" and the excessively identity-based Christianity of today's young priests and seminarians. But his reformism is not confrontational: he presents himself as a reasonable moderate.

Stanislav Pribyl (Prague) has his aim set on "building bridges," listening, engaging in dialogue, and fostering synodality, while speaking at length about the depositum fidei and the need for the new evangelization. He does not come across as explicitly progressive.

Ronald A. Hicks (New York), who replaces the moderately classic Dolan, is the American equivalent of this new type of "soft" official, at least on the surface. He worked for a long time with Blase Cupich, the most progressive of the American bishops, serving as his assistant. His program: avoiding divisions, "walking with the wounded," "priority to healing" (as Amoris Laetitia does with adulterous spouses), and the mission. He presents himself as an affable progressive and does not persecute traditionalists.

"In other words," concludes Miguel Escrivá, "these men are not dangerous because they seem like wolves. They are dangerous because they seem harmless." Moreover: these prelates no longer ridicule identity-based Catholicism, but rather relativize it. They appear orthodox on the surface and rarely say anything shockingly intolerable. They practice listening, accompaniment, and keeping the balance, and they talk about synodality, synodality, synodality.

For this reason, in general, they lack a genuine liturgical concern. They are not liturgical iconoclasts like in the 70s, but the liturgy no longer matters to them as a central theological axis. They consider it merely as a pastoral framework, a functional stage, a form of community support. Ultimately, the absence of liturgical conflict does not signify love for the liturgy, but rather indifference.

Is Miguel Escrivá too pessimistic? I don't know. But I do know that these "soft" progressives”, whether they like it or not, will face a harsh reality in two respects. First, the reality of a bankrupt Church: not only is it losing faithful, vocations, religious houses, and financial resources, but after 60 years of inconsistent or ambiguous teaching, the faith of its faithful has become fickle.

And second, the reality of the "problem" of the traditional liturgy. Undoubtedly, these Church leaders will want to ensure that it is not "instrumentalized" as a "banner," as Dom Geoffroy Kemlin, Abbot of Solesmes, wrote in a letter to the Pope that we will have occasion to analyze. But those soft traditionalists they dream of, who would allow themselves to be led out of sight into a golden cage, do not exist.

Unlike the priests of Opus Dei, Emmanuel, or the Community of Saint Martin, and other advocates of a third way, traditionalists have very simple claims regarding the liturgy and the catechism that cannot be ignored: they demand the celebration of the Mass and the teaching of the catechism as they have been handed down to them, and that are integrally Catholic. These traditionalists may not be the majority, at least not yet, but they exist, they are numerous, young, their numbers are constantly growing, they have vocations and their churches are full. The synodal executives, whose machinery is perpetuated while artificially revolving upon itself, will now have to deal with this very real situation.

The Parisian sentinels bear witness to this. Imperturbably, they pray their rosaries for the freedom of the traditional liturgy at 10 rue du Cloître-Notre-Dame, Monday through Friday, from 1:00 p.m. to 1:30 p.m., at Saint-Georges de La Villette, 114 avenue Simon Bolivar, on Wednesdays and Fridays at 5:00 p.m., and in front of Notre-Dame du Travail, on Sundays at 6:15 p.m.

 
 

PROGRESSISMO “SOFT”, DURA REALTÀ


235ª SETTIMANA: LE SENTINELLE CONTINUANO LA LORO PREGHIERA
PER LA DIFESA DELLA MESSA TRADIZIONALE
DAVANTI ALL'ARCIDIOCESI DI PARIGI
 
Miguel Escrivá ha pubblicato il 13 marzo su Infovaticana un'interessante analisi delle quattro nomine più importanti effettuate da Leone XIV, che rivestono indubbiamente una rilevanza strategica: la nomina del nuovo Prefetto del Dicastero per i Vescovi, Filippo Iannone; dell'Arcivescovo di Vienna, Josef Grünwidl; dell'Arcivescovo di Praga, Stanislav Pribyl; e dell'Arcivescovo di New York, Ronald A. Hicks. È molto probabile che questi quattro prelati riceveranno la porpora nel concistoro che verrà convocato a tale scopo. Essi rappresentano dunque il nuovo modello per le alte cariche ecclesiastiche.

Questo non è più lo stile di Francesco: «Non sono», scrive Miguel Escrivá, « i vecchi progressisti di cartello, trasandati, rozzi, deliziati di scandalizzare il borghese cattolico con un’estetica di “prete povero” convertita in performance morale. Né sono uomini di restaurazione dottrinale, liturgica o ascetica. Sono un’altra cosa: gestori ecclesiali di modi soavi, culturalmente accomodati, istituzionalmente affidabili, mediaticamente presentabili e sufficientemente duttile da (per il momento) non rompere del tutto con nulla, ma sì spostare l’asse della Chiesa senza necessità di dichiararlo. Questo può essere più inquietante del progressismo bronco degli anni ottanta, perché consuma senza strepito e riforma senza confessare di star riformando. La mutazione smette di presentarsi come combattimento e si presenta come normalità. Questa è la sua forza.»

Filippo Iannone, l'uomo che ora nominerà i futuri vescovi, è un tecnocrate, un uomo dell'apparato giuridico e canonico di Roma. Promuoverà uomini "equilibrati", "dialoganti" e "non polarizzanti". Al ritmo attuale di rotazione episcopale, tra 10 anni il corpo episcopale mondiale sarà in gran parte composto da prelati "morbidi, gestibili e dottrinalmente porosi".

Josef Grünwidl (Vienna) è il più audace dei quattro, membro dell'apparato diocesano viennese, privo di profondità intellettuale o di alcun spessore liturgico visibile, ma che ha difeso il diaconato femminile, il possibile abbandono del celibato per tutti i sacerdoti e l'inclusione delle donne nei processi decisionali. È ostile al "neo-integralismo" e al cristianesimo eccessivamente identitario dei giovani sacerdoti e seminaristi di oggi. Ma il suo riformismo evita la confrontazione: si presenta come un moderato ragionevole.

Stanislav Pribyl (Praga) si propone "tendere ponti", ascoltare, impegnarsi nel dialogo e promuovere la sinodalità, mentre è solito parlare a lungo del depositum fidei e della necessità di una nuova evangelizzazione. Non appare come un progressista esplicito.

Ronald A. Hicks (New York), che rimpiazza il moderatamente classico Dolan, è l'equivalente americano di questo nuovo tipo di leader "soft", almeno in apparenza. Ha lavorato a lungo con Blase Cupich, il più progressista dei vescovi americani, ricoprendo il ruolo di suo assistente. Il suo programma: evitare le divisioni, "camminare con i feriti", dare “priorità alla guarigione" (come fa Amoris Laetitia con i coniugi adulteri) e alla missione. Si presenta come un progressista affabile e non perseguita i tradizionalisti.

"Detto in altro modo", conclude Miguel Escrivá, " questi uomini non sono pericolosi perché sembrano lupi. Sono pericolosi perché sembrano inoffensivi. ". Inoltre: questi prelati non ridicolizzano più il cattolicesimo basato sull'identità, lo relativizzano. Appaiono ortodossi in superficie e raramente dicono qualcosa di intollerabile. Praticano l'ascolto, l'accompagnamento e il mantenimento del equilibrio, e parlano di sinodalità, sinodalità, sinodalità.

Per questo motivo, in generale, manca loro un autentico interesse liturgico. Non sono iconoclasti liturgici come negli anni Settanta, ma la liturgia non riveste più per loro un ruolo centrale come asse teologico. La considerano semplicemente una cornice pastorale, un palcoscenico funzionale, una forma di sostegno alla comunità. In definitiva, l'assenza di conflitto liturgico non significa amore per la liturgia, bensì indifferenza.

Miguel Escrivá è troppo pessimista? Non lo so. Ma so che questi progressisti "soft", che lo vogliano o no, dovranno affrontare una dura realtà sotto due aspetti. Innanzitutto, la realtà di una Chiesa in bancarotta: non solo sta perdendo fedeli, vocazioni, case religiose e risorse finanziarie, ma dopo 60 anni di insegnamenti inconsistenti o ambigui, la fede dei suoi fedeli si è indebolita o è devenuta inconstante.

In secondo luogo, la realtà del "problema" della liturgia tradizionale. Indubbiamente, questi responsabili ecclesiastici vorranno assicurarsi che non venga "strumentalizzata" come "bandiera", come scrisse Dom Geoffroy Kemlin, abate di Solesmes, in una lettera al Papa che avremo modo di analizzare. Ma quei tradizionalisti blandi che essi sognano, disposti a lasciarsi mettere in disparte, lontano dagli sguardi, in una gabbia dorata, non esistono.

A differenza dei sacerdoti dell'Opus Dei, di Emmanuel, della Comunità di San Martino e di altri sostenitori di una terza via, i tradizionalisti hanno rivendicazioni molto semplici riguardo alla liturgia e al catechismo che non possono essere ignorate: chiedono la celebrazione della Messa e l’insegnamento del catechismo che sono stati loro tramandati, e sono integralmente cattolici. Questi tradizionalisti potrebbero non essere la maggioranza, almeno non ancora, ma esistono, sono numerosi, giovani, il loro numero è in costante crescita, hanno vocazioni e le sue chiese sono piene. I gestori sinodali, la cui machina non fa che perpetuarsi rivolvendo artificialmente su sé stessa, dovranno ora affrontare questa situazione molto reale.

Le sentinelle parigine ne sono testimoni. Imperturbabili, pregano il rosario per la libertà della liturgia tradizionale al numero 10 di rue du Cloître-Notre-Dame, dal lunedì al venerdì, dalle 13:00 alle 13:30, a Saint-Georges de La Villette, al numero 114 di avenue Simon Bolivar, il mercoledì e il venerdì alle 17:00, e davanti a Notre-Dame du Travail, la domenica alle 18:15.

 
 

PROGRESISMO «BLANDO», DURA REALIDAD


SEMANA 235: LOS CENTINELAS CONTINÚAN SUS ORACIONES
EN DEFENSA DE LA MISA TRADICIONAL
DELANTE DE LA ARCHIDIÓCESIS DE PARÍS
 
Miguel Escrivá publicó en Infovaticana el 13 de marzo un análisis muy interesante de los cuatro nombramientos más importantes realizados por León XIV, que sin duda tienen una relevancia estratégica: el nombramiento del nuevo Prefecto del Dicasterio para los Obispos, Filippo Iannone; el del Arzobispo de Viena, Josef Grünwidl; el del Arzobispo de Praga, Stanislav Pribyl; y el del Arzobispo de Nueva York, Ronald A. Hicks. Es muy probable que estos cuatro prelados reciban la púrpura en el consistorio que se convocará para tal fin. Representan el nuevo modelo para los altos dignatarios eclesiásticos.

Este ya no es el estilo de Francisco: «No son», escribe Miguel Escrivá, «los viejos progresistas de pancarta, desaliñados, toscos, encantados de escandalizar al burgués católico con una estética de “cura pobre” convertida en performance moral. Tampoco son hombres de restauración doctrinal, litúrgica o ascética. Son otra cosa: gestores eclesiales de modales suaves, culturalmente acomodados, institucionalmente fiables, mediáticamente presentables y suficientemente dúctiles como para (de momento) no romper del todo con nada, pero sí desplazar el eje de la Iglesia sin necesidad de declararlo. Esto puede ser más inquietante que el progresismo bronco ochentero, porque desgasta sin estridencia y reforma sin confesar que está reformando. La mutación deja de presentarse como combate y se presenta como normalidad. Esa es su fuerza.»

Así pues, Filippo Iannone, el hombre que ahora nombrará obispos, es un tecnócrata, un hombre del aparato jurídico y canónico de Roma. Promoverá a «hombres equilibrados», «dialogantes» y «no polarizadores». Al ritmo actual de reemplazo episcopal, en 10 años, el cuerpo episcopal mundial estará compuesto en gran medida por prelados «blandos, administrables y doctrinalmente porosos».

Josef Grünwidl (Viena) es el más audaz de los cuatro, miembro del aparato diocesano vienés, carente de profundidad intelectual o espesor litúrgico visible, pero que ha defendido el diaconado femenino, el posible abandono del celibato para todos los sacerdotes y la inclusión de las mujeres en los procesos de toma de decisiones. Es hostil al «neointegralismo» y al cristianismo excesivamente identitario de los jóvenes sacerdotes y seminaristas de hoy. Pero su reformismo no es confrontativo: se presenta como un moderado razonable.

Stanislav Pribyl (Praga) pretende «tender puentes», escuchar, dialogar y sinodalizar, mientras habla extensamente sobre el depositum fidei y la necesidad de la nueva evangelización. No es un progresista explícito.

Ronald A. Hicks (Nueva York), quien reemplaza al más bien tradicional Dolan, es el equivalente estadounidense de este nuevo tipo de responsable «blando», al menos en apariencia. Trabajó durante mucho tiempo con Blase Cupich, el más progresista de los obispos estadounidenses, de quien fue asistente. Su programa: evitar divisiones, « caminar con los heridos», priorizar la «curación» (como hace Amoris Laetitia con los cónyuges adúlteros) y la misión. Se presenta como un progresista afable y no persigue a los tradicionalistas.

«Dicho de otro modo», concluye Miguel Escrivá, «estos hombres no son peligrosos porque parezcan lobos. Son peligrosos porque parecen inofensivos». Y aún más: estos prelados ya no ridiculizan el catolicismo basado en la identidad, sino que lo relativizan. Se muestran ortodoxos en la superficie y rara vez dicen algo intolerable. Practican la escucha, el acompañamiento y la gestión del equilibrio, y hablan de sinodalidad, sinodalidad, sinodalidad.

Por eso, en general, carecen de una verdadera preocupación litúrgica. No son iconoclastas litúrgicos como en la década de 1970, pero la liturgia ya no les importa como eje teológico central. Solo la consideran un marco pastoral, un escenario funcional, una forma de apoyo comunitario. En definitiva, la ausencia de conflicto litúrgico no significa amor por la liturgia, sino indiferencia.

¿Es Miguel Escrivá demasiado pesimista? No lo sé. Pero sé que estos progresistas «blandos», les guste o no, se enfrentarán a una dura realidad en dos aspectos. Primero, la realidad de una Iglesia en bancarrota: no solo está perdiendo fieles, vocaciones, casas religiosas y recursos financieros, sino que, tras 60 años de enseñanza inconsistente o ambigua, la fe de sus fieles se ha debilitado.
Y segundo, la realidad del «problema» de la liturgia tradicional. Sin duda, estos líderes eclesiásticos querrán asegurarse de que no se «instrumentalice» como una «bandera», como escribió Dom Geoffroy Kemlin, abad de Solesmes, en una carta al Papa que tendremos ocasión de analizar. Pero esos tradicionalistas blandos con los que sueñan, que se dejarían atrapar en una jaula dorada, no existen.

A diferencia de los sacerdotes del Opus Dei, del Emmanuel o de la Comunidad de San Martín, y otros defensores de una tercera vía, los tradicionalistas tienen reivindicaciones muy sencillas respecto a la liturgia y el catecismo que no pueden ignorarse: pretenden celebrar la Misa y enseñar el catecismo que les ha sido transmitido y que son integralmente católicos. Estos tradicionalistas tal vez no sean la mayoría, al menos no todavía, pero existen, son numerosos, jóvenes, se multiplican, tienen vocaciones y congregaciones llenas. Los administradores sinodales, cuya maquinaria se perpetúa artificialmente, tendrán ahora que lidiar con esta situación tan real.

Los centinelas parisinos son testigos de ello. Imperturbablemente, rezan el rosario por la libertad de la liturgia tradicional, en 10 de la rue du Cloître-Notre-Dame, de lunes a viernes, de 13 a 13:30 h, en Saint-Georges de La Villette, 114 avenue Simon Bolivar, los miércoles y viernes a las 17 h, y frente a Notre-Dame du Travail, los domingos a las 18:15 h.

 

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