Notre lettre 1385 publiée le 17 juin 2026
DE CHARTRES À PARIS,
DES MILLIERS DE PÈLERINS DE LA FSSPX
POUR LES VOCATIONS ET LA TRADITION

Du 23 au 25 mai, à rebours des flots du pèlerinage de Chartres, près de 6000 pèlerins de Tradition - aumônerie de la FSSPX - quittaient Chartres sous un soleil de plomb pour rejoindre Paris le lundi de Pentecôte, avec une messe de clôture sur la place Vauban.
Ce pèlerinage se déroulait sous le leitmotiv d'une prière pour les vocations sacerdotales : "envoyez des ouvriers à votre moisson". Le dossier spirituel du pèlerinage - un petit livret donnant aussi les plans des bivouacs et l'ordre des chapitres précisait cette nécessité :
"Le dernier pèlerinage à Lourdes fut marqué par un moment fort : la célébration des 50 ans du district de France. L’abbé Gonzague Peignot y a contemplé les fruits magnifiques que la Fraternité a portés au fil des décennies. Mais une question essentielle demeure : que serait cette œuvre sans les vocations ? Sans prêtres, il n’y a plus de messe, plus de sacrement, plus de religion. Le saint curé d’Ars le disait avec force : « Quand on veut détruire la religion, on commence par le prêtre. » Et Mgr Lefebvre nous rappelait en 1983 : « Plus les âmes se perdent, plus les vocations sont nécessaires. »

Un pèlerinage pour les vocations au milieu de la crise de l'Eglise
Cet appel résonne avec l'éditorial de l'abbé Michel Poinsinet de Sivry - qui sera un des quatre futurs évêques de la FSSPX, annonce t-elle ce 26 mai - dans un éditorial sur la Porte Latine le 29 octobre 2025 :
"Quels moyens la sainte Église encourage-t-elle donc pour disposer les âmes à l’appel divin ? La prière. « La moisson est grande, mais les ouvriers sont en petit nombre. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers à sa moisson » (Luc. X, 1–9).
Notre Seigneur est très clair : le moyen principal par lequel Dieu donne des vocations est la prière. Dieu n’accorde cette grâce que si nous la Lui demandons. Bien plus, dans sa Providence, Dieu ne peut refuser cette grâce qu’Il veut nous octroyer par ce moyen. La prière est donc le seul recours efficace que nous ayons pour obtenir des vocations. Elle plaît à Dieu car elle est un acte de foi au sacerdoce et à la vie religieuse. Elle est un acte d’humilité car elle est la reconnaissance que nous ne pouvons rien faire sans la grâce transmise par le prêtre et et l’âme religieuse. Elle est un acte d’espérance car elle répond à cette demande du Christ et elle a la certitude de son accomplissement. Que chacun prie donc pour que nous recevions une moisson abondante d’ouvriers divins !
Dans ce devoir de prière, les familles sont en première ligne. Quel est en effet le rôle des familles ? Disposer l’âme de l’enfant à répondre favorablement à l’appel du Christ. Rien de plus mais rien de moins".

De Chartres à Paris au milieu des blés
Après une messe sur le parvis de la cathédrale de Chartres le pèlerinage s'est élancé vers Champhol, Gallardon et Sonchamp - le bivouac est aux Greffiers le premier soir, après 40 km de marche. Tout près donc d'une église qui accueille des messes tridentines régulièrement - suite aux travaux dans l'église de St Martin de Bretencourt, les messes de la FSSP ont lieu à Sonchamp, près de l'entrée sud de Rambouillet, depuis janvier dernier jusqu'en septembre.
Le dimanche la seconde étape du pèlerinage va de Sonchamp au Trou Moreau via Saint Rémy l'honoré avec 39 km - le bivouac est en face de la ferme située entre Fontenay le Fleury et Villepreux, à quelques kilomètres au sud du prieuré récemment acquis par la FSSPX pour y installer l'école de Bailly et qui est toujours en grands travaux. La messe pontificale de la Pentecôte a lieu dans le champ en pente, célébrée par Mgr Fellay.
Le lundi matin à 6h40 (6h pour les enfants) la colonne repart du Trou Moreau, zigzague à travers les chemins de la plaine de Versailles, au milieu des blés verts, entre les branches de l'ancien réseau Ouest, du sud de la vallée desservi par la ligne N de Montparnasse à Dreux à laquelle le bivouac est adossé, au nord desservi par la ligne L de Saint Lazare, à la Celle Saint Cloud, via Bailly - où la colonne passe en ordre le passage à niveau de l'ex Grande Ceinture devenue T13. La colonne déjeune ensuite au bois de Boulogne et traverse l'ouest de Paris jusqu'à la place Vauban.
En tête du pèlerinage, les bannières bretonnes - plusieurs centaines de pèlerins. Les Belges, flamands et wallons, sont près de 200 - leur supérieur est l'abbé Michel Poinsinet de Sivry, appelé à devenir un des futurs évêques le 1er juillet prochain. La plus importante desserte est l'église Saint Joseph de Bruxelles, rachetée par la FSSPX en son temps à des chrétiens d'Orient. Aujourd'hui, trois séminaristes flamands et deux wallons sont en cours de formation dans les séminaires de la FSSPX.
Si nombre d'inscrits du pèlerinage reflètent la géographie des dessertes de la FSSPX - plus dynamiques en Bretagne et dans l'ouest de la France, à l'ouest d'une ligne allant de Lille à Pau, avec de nombreuses familles et des vocations, il y a tout de même une centaine de Suisses - et vingt séminaristes dont plusieurs des futurs prêtres de cette année (cinq ordinations prévues à Écone dont un français), autant d'allemands, des italiens, mais aussi des polonais et des Croates.

Polonais et croates entre Chartres et Paris
Ces derniers sont principalement originaires de Zagreb où se trouve aussi l'unique église diocésaine attribuée à la messe traditionnelle de tout le pays - saint Blaise, à l'ouest du centre ville. Comme en Slovénie voisine, où les diocésains ont incardiné l'auteur d'abus Marko Rupnik mais n'ont trouvé qu'un 3e dimanche par mois pour une messe traditionnelle dans un sanctuaire à 30 km en train de Ljubljana, c'est la FSSPX qui assure le maillage : Zagreb, Rijeka, Dubrovnik et Split, aux quatre coins du pays. Ils sont plus de cent fidèles à Zagreb, les autres dessertes faisant le plein en saison.
Les polonais viennent principalement de Katowice et Poznan. "L'année dernière nous étions deux, l'an prochain nous espérons être 100", explique un couple de Katowice en Silésie dont le centre de messe en quelques années a gagné plusieurs centaines de fidèles, à l'image du district polonais de la FSSPX en forte croissance depuis le COVID. En 2021 le district polonais écrivait, alors que deux prêtres religieux avaient rejoint la FSSPX dans le pays, "depuis 2020, l’affluence dans les chapelles de la Fraternité Saint-Pie X en Pologne a été multipliée par deux, et de nouvelles chapelles s’ouvrent. La moisson est abondante et les ouvriers peu nombreux ont besoin de cette aide sacerdotale".
Les vocations maintenant affluent - les polonais seraient aujourd'hui plus nombreux que les Allemands au séminaire de Zaitzkofen, la FSSPX a triplé son nombre de chapelles en six ans de 2021 à 2026, et continue à croître. Dans le même temps si un quart des prêtres diocésains ordonnés en Europe sont polonais, le nombre de séminaristes a été divisé par deux depuis 2018, et l'Eglise diocésaine est prise entre le marteau et l'enclume par les affaires d'abus longtemps couvertes et la sécularisation.
Néanmoins l'afflux des Polonais dans les chapelles de la Tradition et leur présence entre Chartres et Paris montre que les vocations ne manqueront pas si le Seigneur en veut. Du reste la Pologne est aussi le lieu du plus long pèlerinage traditionnel d'Europe et peut être du monde - 9 jours de Varsovie à Jasna Gora en août.
Comme pour les pèlerinages locaux de Tradition, ceux de la FSSPX fleurissent hors de France - à Vérone en juin et début septembre entre Bevagna et Assise via Montefalco, Foligno (bivouac), Spello, Trévise en Italie, ou encore de Munich à Altötting le dernier week-end de juillet - malgré ses 100 km et le relief, il a attiré 450 pèlerins marcheurs l'année dernière.





