Notre lettre 1328 publiée le 27 janvier 2026

CONTRAIREMENT À SON PRINCIPE D’ADAPTATION,

LA LITURGIE NOUVELLE

EST RESTÉE FIGÉE

DEPUIS LE CONCILE

LES VEILLEURS POURSUIVENT
POUR LA 227ÈME SEMAINE
LEURS PRIÈRES POUR LA DÉFENSE
DE LA MESSE TRADITIONNELLE
DEVANT L'ARCHEVÊCHÉ DE PARIS
DU LUNDI AU VENDREDI
DE 13H À 13H30
10 RUE DU CLOÎTRE-NOTRE-DAME
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Chers Amis,

Je vous parlais la semaine passée du document « Liturgia », daté du 8 janvier, que le cardinal Roche avait préparé pour ouvrir la discussion au sein du consistoire sur ce sujet. L’examen de ce sujet étant reporté à une prochaine réunion, ce document a été distribué aux membres du Sacré Collège.

Mon attention a été attirée par son paragraphe : « La nécessité de réformer la liturgie est étroitement liée à la composante rituelle, par laquelle – per ritus et preces (SC 48) – nous participons au mystère pascal : le rite est en lui-même caractérisé par des éléments culturels qui évoluent avec le temps et lieux. » Tel est bien en effet le fondement principal de la réforme de Paul VI, clairement exposé par Arthur Roche : la liturgie s’exprime par des rites culturellement datés. Il est donc nécessaire de la réforme d’époque en époque : puisque la culture change avec le temps, les rites doivent aussi changer.

Fort bien, Messieurs les Réformateurs, mais votre réforme a commencé en 1964 (création du Consilium de réforme) et s’est achevée pour l’essentiel à la fin des années 60 du siècle dernier et au début des années 70. Autrement dit, cette réforme a adapté culturellement les rites du culte divin il y a pratiquement 60 ans. Mais en 60 ans, le monde a complètement changé ! Il est devenu beaucoup plus individualiste qu’il ne l’était. L’égalité hommes-femmes est partout reconnue, de même que les droits des minorités sexuelles. La mode vestimentaire a complètement changé, comme le langage, les moyens de communication. L’information et la sociabilité passent par la voie des réseaux sociaux. Personne ne croit plus à un progrès continu béatement heureux. Etc. Etc.

Or, pendant ce temps, et aujourd’hui encore, la liturgie réformée est restée dans son état 1970, figée, bloquée, rigidifiée, pétrifiée, paralysée,, pour tout dire sclérosée. Les quelques mini-toilettages (par exemple, révision des traductions pour qu’elles soient plus fidèles au latin, réintégration du mot âme dans les oraisons par l’édition typique du missel de 2002) sont allés dans un sens conservateur et plutôt " rétrograde". La liturgie réformée ressemble à l’architecture des immeubles construits en 1970, aujourd’hui démodés, dépassés, tristes, vieillis, mal conçus, défraîchis, archaïques en un mot. Oui, osons le dire, la réforme de Paul VI et d’Annibale Bugnini a très mal vieilli.

Cela vaut d’ailleurs pour l’ensemble des choses d’Église : quand on adopte le principe de l’adaptation au monde, il ne faut pas s’arrêter en chemin, mais il faut continuer à changer avec le monde qui change. « Je suis en colère contre l'Église catholique qui n'évolue pas! », dit une théologienne belge, Myriam Tonus, qui du coup a « quitté la cathosphère », une manière moderne de faire schisme (Libre Belgique, 20 janvier 2026). Le dominicain Dominique Collin, belge lui aussi, chercheur au Centre Sèvres, auteur de Le christianisme n’existe pas encore (Salvator, 2018) voudrait que l’on fasse de nouvelles réformes qui iraient « au-delà d’un simple ravalement ». Pourquoi continuer à penser l’Église comme une institution avec des structures de pensée patriarcales et avec la croyance en la supériorité de la culture occidentale, demandent les professeurs d’ecclésiologie que sont Gilles Routhier (université Laval au Québec) et Joseph Famerée (université de Louvain), dans Penser la réforme de l’Église (Cerf, 2021) ?

Et je pourrais continuer mes citations comme une longue litanie. Dans le domaine liturgique, je renvoie entre autres à Manuel Belli, et à son livre : L’epoca dei riti tristi (Queriniana, 2021), qui constate la tristesse dans laquelle est tombée la liturgie nouvelle : le rituel catholique tristounet de la réforme a perdu la bataille devant les sorcières d’Halloween ; la liturgie des années 70 est perçue d’abord comme une satisfaction de soi, un moyen de développement personnel ; les chants qu’elle a produits sont de piètre valeur. Et de proposer des réformes pour aujourd’hui, avec des rites joyeux : messes pour les enfants où ils inventeront eux-mêmes leurs rites ; bouger et se déplacer durant les célébrations. Pas sûr d’ailleurs, que les rites en deviennent moins tristes.

La vérité est que les adaptateurs au temps présent ont tout faux, tant ceux d’il y a soixante ans que ceux d’aujourd’hui. Qu’ils continuent à réformer-adapter et il ne restera bientôt plus personne dans des églises déjà aux trois quarts vides. En réalité, dans un monde moderne intrinsèquement areligieux, n’est-ce pas précisément l’inadaptation à ce monde des rites traditionnels forgés et transmis dans des époques de civilisation chrétienne qui est le mieux adaptée à la démarche religieuse ?

Tout l’appareil solennel du sacré, les gestes anciens d’adoration, le climat de crainte révérencielle, la langue sacrée différente de la langue ordinaire, le hiératisme des attitudes codifiées par les âges anciens, ne rendent-ils pas en définitive plus compréhensibles les mystères du culte divin que le fait de les aplatir en rendant l’extraordinaire ordinaire ? La preuve par les jeunes convertis qui aiment la messe en latin, par les églises traditionnelles bondées d’un public de familles, par le succès des séminaires traditionnels. Il est clair que la véritable adaptation aux besoins de notre temps est celle de la liturgie traditionnelle.

Les réactions favorables et les encouragements du public et des touristes qui sont interpelés, comme on dit, par nos pieuses manifestations de veilleurs (10 rue du Cloître-Notre-Dame, du lundi au vendredi, de 13h à 13h 30, à Saint-Georges de La Villette, 114 avenue Simon Bolivar, dans le XIXe, le mercredi et le vendredi à 17h, devant Notre-Dame du Travail, dans le XIVe, le dimanche à 18h 15, à Sainte-Clotilde, dans le VIIe, le lundi à 12h 45) le prouvent : la liturgie traditionnelle attire.

En union de prière et d’amitié,

Christian Marquant


 

CONTRARY TO ITS PRINCIPLE OF ADEQUATION

THE NEW LITURGY

HAS REMAINED STAGNANT

SINCE THE COUNCIL.

227th WEEK: THE SENTINELS CONTINUE THEIR PRAYERS
OR THE DEFENSE OF THE TRADITIONAL MASS
IN FRONT OF THE ARCHDIOCESE OF PARIS
 

Last week I spoke to you about the document "Liturgy," dated January 8, which Cardinal Roche prepared to open the debate on this topic at the consistory. Since the examination of this issue has been postponed to a future meeting, this document has been distributed to the members of the Sacred College.

Its paragraph caught my attention: " The need to reform the Liturgy is strictly tied to the ritual component, through which – per ritus et preces (SC 48) – we participate in the paschal mystery: the rite is in itself characterised by cultural elements that change in time and places." This is, in fact, the main foundation of Paul VI's reform, clearly explained by Arthur Roche: the liturgy is expressed through rites culturally tied to a certain time. Therefore, the need for reform is felt in each successive era: since culture changes over time, rituals must also change.

Very well, dear reformers, but your reform began in 1964 (the creation of the Consilium for Reform) and was essentially completed in the late sixties and early seventies. In other words, this reform culturally adapted the rituals of divine worship almost sixty years ago. But in sixty years, the world has completely changed! It has become much more individualistic than before. Gender equality is recognized everywhere, as are the rights of sexual minorities. Fashion has completely changed, as have language and the media. Information and social interaction now take place through social networks. No one believes in a happily uninterrupted and continuous progress anymore. And so forth.

Yet during this time, and even today, the reformed liturgy has remained as it was in 1970: frozen, blocked, rigid, petrified, paralyzed; in short, sclerotic. The few minor adjustments (for example, revising the translations to be more faithful to the Latin, reintegrating the word "soul" into the prayers of the 2002 Typical Edition of the Missal) have gone in conservative and regressive sense. The reformed liturgy resembles the architecture of the buildings erected in the 70’s: now antiquated, obsolete, gloomy, aged, poorly designed, faded, archaic; in a word, let's be frank: the reform of Paul VI and Annibale Bugnini has aged very badly.

This applies to all matters within the Church: when one adopts the principle of adapting to the world, one must not remain half-way, but ought instead to continue to change according with the changing world. “I’m angry with the Catholic Church for not evolving!” says Belgian theologian Myriam Tonus, who consequently “left the Catholic sphere,” a modern way of creating a schism (Libre Belgique, January 20, 2026). Dominican friar Dominique Collin, also Belgian, a researcher at the Centre Sèvres and author of Le christianisme n’existe pas encore (Salvator, 2018), would like to see more reforms that go beyond mere renewal. Why continue to think of the Church as an institution with patriarchal thought and structures and a belief in the superiority of Western culture? ask professors of ecclesiology Gilles Routhier (Laval University, Quebec) and Joseph Famerée (University of Louvain) in Penser la réforme de l’Église (Cerf, 2021).

And I could continue with my quotes as if in a long litany. In the liturgical sphere, I refer, among others, to Manuel Belli and his book L’epoca dei riti tristi (Queriniana, 2021), which observes the gloom into which the new liturgy has fallen: the monotonous Catholic ritual of the reform has lost the battle against the Halloween witches; the liturgy of the 1970s is perceived primarily as a satisfaction of oneself, a means of personal development; the hymns it has produced are of pitiful quality. And then there are the proposals for reforms for today, with joyful rituals: Masses for children where they invent their own rites; movement and activity during celebrations. However, it is not certain that the rituals will become less somber.

The truth is that those who adapt to the present are completely mistaken, both those of sixty years ago and those of today. Let them continue reforming and adapting, and soon there will be no one left in the churches that are already three-quarters empty. In reality, in a modern world that is intrinsically irreligious, isn't it precisely the inadequacy of traditional rites to this world, forged and transmitted in times of Christian civilization, that is most adequate for the religious process?

All the solemn trappings of the sacred, the ancient gestures of worship, the atmosphere of reverence, the sacred language distinct from common speech, the hieratic postures codified by antiquity—do these not ultimately make the mysteries of divine worship more comprehensible rather than flattening them by turning the extraordinary into something ordinary? The proof lies in the young converts who love the Latin Mass, the traditional churches filled with families, the success of traditional seminaries. Clearly, the true adequation to the needs of our time lies in the traditional liturgy.

The favourable reactions and encouragement from the public and tourists who feel the appeal of our pious vigils (10 rue du Cloître-Notre-Dame, Monday to Friday, from 13:00 to 13:30, in Saint-Georges de La Villette, 114 avenue Simon Bolivar, Wednesdays and Fridays at 17:00, in front of Notre-Dame du Travail, on Sunday at 18:15) are a clear proof of that: traditional liturgy attracts.


 
 

CONTRARIAMENTE AL SUO PRINCIPIO DI ADEGUAMENTO

LA NUOVA LITURGIA

È RIMASTA STAGNATA

DOPO IL CONCILIO.

227ª SETTIMANA: LE SENTINELLE CONTINUANO LA LORO PREGHIERA
PER LA DIFESA DELLA MESSA TRADIZIONALE
DAVANTI ALL'ARCIDIOCESI DI PARIGI
 

La settimana scorsa vi ho parlato del documento "Liturgia", datato 8 gennaio, che il Cardinale Roche ha preparato per aprire il dibattito su questo argomento al Concistoro. Poiché l'esame di questo tema è stato rinviato a una futura riunione, il documento è stato distribuito ai membri del Sacro Collegio.

Un suo paragrafo ha attirato la mia attenzione: " La necessità del riformarsi della Liturgia è strettamente legata alla componente rituale, per mezzo della quale - "per ritus et preces" (SC 48) - partecipiamo al mistero pasquale: il rito è per se stesso connotato da elementi culturali che cambiano nel tempo e nei luoghi." Questo è, infatti, il fondamento principale della riforma di Paolo VI, chiaramente spiegato da Arthur Roche: la liturgia si esprime attraverso riti culturalmente datati. Pertanto, la riforma è necessaria da un'epoca all'altra: poiché la cultura cambia nel tempo, anche i rituali devono cambiare.

Benissimo, signori riformatori, ma la vostra riforma è iniziata nel 1964 (con la creazione del Consilium for Reform) ed è stata sostanzialmente completata tra la fine degli anni Sessanta e l'inizio degli anni Settanta. In altre parole, questa riforma ha adattato culturalmente i rituali del culto divino quasi sessant'anni fa. Ma in sessant'anni, il mondo è completamente cambiato! È diventato molto più individualista di prima. L'uguaglianza di genere è riconosciuta ovunque, così come i diritti delle minoranze sessuali. La moda è completamente cambiata, così come il linguaggio e i media. L'informazione e l'interazione sociale ora avvengono attraverso i social network. Nessuno crede più in un progresso felicemente continuo e senza interruzioni. E così via.

Eppure durante tutto questo periodo, e anche oggi, la liturgia riformata è rimasta allo stato in cui si trovava nel 1970: congelata, bloccata, rigida, pietrificata, paralizzata; in una parola, sclerotica. I pochi piccoli aggiustamenti (ad esempio, la revisione delle traduzioni per renderle più fedeli al latino, la reintegrazione della parola "anima" nelle preghiere dell'Edizione Tipica del Messale del 2002) sono stati eseguiti in un senso conservatore e retrogrado. La liturgia riformata assomiglia all'architettura degli edifici eretti negli anni 70: ormai antiquata, obsoleta, cupa, invecchiata, mal progettata, sbiadita, arcaica; in una parola, diciamolo con franchezza: la riforma di Paolo VI e Annibale Bugnini è invecchiata malissimo.

Questo vale per tutte le questioni all'interno della Chiesa: quando si adotta il principio di adattarsi al mondo, non si deve rimanere a metà strada, ma bisognerebbe invece continuare sempre a cambiare con il mondo che cambia. "Sono arrabbiata con la Chiesa cattolica per non essersi evoluta!", afferma la teologa belga Myriam Tonus, che di conseguenza "ha abbandonato la sfera cattolica", un modo moderno di creare uno scisma (Libre Belgique, 20 gennaio 2026). Il frate domenicano Dominique Collin, anche lui belga, ricercatore al Centre Sèvres e autore di Le christianisme n’existe pas encore (Salvator, 2018), auspica più riforme che vadano oltre il semplice rinnovamento. Perché continuare a pensare alla Chiesa come a un'istituzione con strutture di pensiero patriarcale e la convinzione della superiorità della cultura occidentale? si chiedono i professori di ecclesiologia Gilles Routhier (Università Laval, Québec) e Joseph Famerée (Università di Lovanio) in Penser la réforme de l’Église (Cerf, 2021).

E potrei continuare con le mie citazioni come una lunga litania. In ambito liturgico, posso menzionare, tra gli altri, Manuel Belli e il suo libro L'epoca dei riti tristi (Queriniana, 2021), che fa notare la cupezza in cui è caduta la nuova liturgia: il monotono rituale cattolico della riforma ha perso la battaglia contro le streghe di Halloween; la liturgia degli anni '70 è percepita principalmente come una soddisfazione di sé stesso, un mezzo di sviluppo personale; gli inni che ha prodotto sono di una qualità pietosa. E poi ci sono le proposte di riforma per oggi, con rituali gioiosi: messe per i bambini in cui si inventano i propri riti; movimento e attività durante le celebrazioni. Tuttavia, non è detto che i rituali diventino meno cupi.

La verità è che coloro che si adattano al presente si sbagliano di grosso, sia quelli di sessant'anni fa che quelli di oggi. Che continuino a riformarsi e ad adattarsi, e presto non ci sarà più nessuno nelle chiese già vuote per tre quarti. In realtà, in un mondo moderno intrinsecamente irreligioso, non è forse proprio l'inadeguatezza dei riti tradizionali a questo mondo, forgiati e trasmessi in epoca di civiltà cristiana, la cosa più adeguata per il processo religioso?

Tutti i solenni ornamenti del sacro, gli antichi gesti di adorazione, l'atmosfera di riverenza, il linguaggio sacro distinto dal linguaggio comune, le posture ieratiche codificate dalla sua antichità: non rendono forse in ultima analisi i misteri del culto divino più comprensibili anziché appiattirli trasformando lo straordinario in qualcosa di ordinario? La prova sta nei giovani convertiti che amano la Messa in latino, nelle chiese tradizionali piene di famiglie, nel successo dei seminari tradizionali. Chiaramente, la vera adeguazione alle esigenze del nostro tempo risiede nella liturgia tradizionale.

Le reazioni favorevoli e l'incoraggiamento del pubblico e dei turisti che si sentono interpellati, come si dice oggi, dalle nostre pie manifestazioni di veglia (10 rue du Cloître-Notre-Dame, dal lunedì al venerdì, dalle 13:00 alle 13:30, a Saint-Georges de La Villette, 114 avenue Simon Bolivar, mercoledì e venerdì alle 17:00, davanti a Notre-Dame du Travail, la domenica alle 18:15) ne sono la prova: la liturgia tradizionale attrae.


 
 

CONTRARIAMENTE A SU PRINCIPIO DE ADECUACIÓN,

LA NUEVA LITURGIA

HA PERMANECIDO ESTANCADA

DESDE EL CONCILIO.

SEMANA 227: LOS CENTINELAS CONTINÚAN SUS ORACIONES
EN DEFENSA DE LA MISA TRADICIONAL
DELANTE DE LA ARCHIDIÓCESIS DE PARÍS
 

La semana pasada les hablé del documento «Liturgia», del 8 de enero, que el cardenal Roche preparó para abrir el debate sobre dicho tema en el consistorio. Dado que el examen de este tema se ha pospuesto para una próxima reunión, este documento se ha distribuido a los miembros del Sagrado Colegio.

Me llamó la atención el siguiente párrafo: «La necesidad de reformar la liturgia está estrechamente ligada al componente ritual, mediante el cual —per ritus et preces (SC 48)— participamos en el Misterio Pascual: el rito mismo se caracteriza por elementos culturales que evolucionan con el tiempo y el lugar». Este es, de hecho, el fundamento principal de la reforma de Pablo VI, claramente explicado por Arthur Roche: la liturgia se expresa a través de ritos culturalmente específicos. Por lo tanto, la reforma es necesaria de una época a otra: dado que la cultura cambia con el tiempo, los rituales también deben cambiar.

Muy bien, señores reformadores, pero su reforma comenzó en 1964 (la creación del Consilium para la Reforma) y se completó esencialmente a finales de los años sesenta y principios de los setenta. En otras palabras, esta reforma adaptó culturalmente los rituales del culto divino hace casi sesenta años. Pero en sesenta años, ¡el mundo ha cambiado por completo! Se ha vuelto mucho más individualista que antes. La igualdad de género se reconoce en todas partes, al igual que los derechos de las minorías sexuales. La moda ha cambiado por completo, al igual que el lenguaje y los medios de comunicación. La información y la interacción social ahora se realizan a través de las redes sociales. Ya nadie cree en un progreso felizmente continuo. Y así sucesivamente.

Sin embargo, durante este tiempo, e incluso hoy, la liturgia reformada ha permanecido en su estado de 1970: congelada, bloqueada, rígida, petrificada, paralizada; en resumen, esclerótica. Los pocos ajustes menores (por ejemplo, la revisión de las traducciones para ser más fieles al latín, la reintegración de la palabra «alma» en las oraciones de la Edición Típica del Misal de 2002) han sido en un sentido conservador y retrógrado. La liturgia reformada se asemeja a la arquitectura de los edificios construidos en 1970: ahora anticuada, obsoleta, lúgubre, envejecida, mal diseñada, descolorida, arcaica; en una palabra, seamos francos: la reforma de Pablo VI y Annibale Bugnini ha envejecido muy mal.

Esto se aplica a todos los asuntos dentro de la Iglesia: cuando uno adopta el principio de adaptarse al mundo, no debe quedarse a mitad de camino, sino que debe continuar cambiando con el mundo cambiante. «¡Estoy enojada con la Iglesia Católica porque no evoluciona!», dice la teóloga belga Myriam Tonus, quien en consecuencia «abandonó la esfera católica», una forma moderna de crear un cisma (Libre Belgique, 20 de enero de 2026). El fraile dominico Dominique Collin, también belga, investigador del Centro Sèvres y autor de Le christianisme n’existe pas encore (Salvator, 2018), desearía ver más reformas que vayan más allá de una simple renovación. ¿Por qué seguir pensando en la Iglesia como una institución con estructuras de pensamiento patriarcales y una creencia en la superioridad de la cultura occidental?, preguntan los profesores de eclesiología Gilles Routhier (Universidad Laval de Quebec) y Joseph Famerée (Universidad de Lovaina), en Penser la réforme de l’Église (Cerf, 2021).

Y podría continuar con mis citas como una larga letanía. En el ámbito litúrgico, me refiero, entre otros, a Manuel Belli y su libro L’epoca dei riti tristi (Queriniana, 2021), que observa la tristeza en la que ha caído la nueva liturgia: el monótono ritual católico de la reforma ha perdido la batalla contra las brujas de Halloween; la liturgia de los años 70 se percibe principalmente como una satisfacción de uno mismo, un medio de desarrollo personal; los himnos que ha producido son de muy pobre calidad. Y proponer reformas para hoy, con rituales alegres: misas para niños donde inventan sus propios ritos; movimiento y actividad durante las celebraciones. Sin embargo, eso no asegura que los rituales se vuelvan menos sombríos.

Lo cierto es que quienes se adaptan a la actualidad se equivocan por completo, tanto los de hace sesenta años como los de hoy. Que sigan reformándose y adaptándose, y pronto no quedará nadie en las iglesias que ya están tres cuartas partes vacías. En realidad, en un mundo moderno intrínsecamente irreligioso, ¿no será precisamente la inadecuación de los ritos tradicionales a este mundo, forjados y transmitidos en épocas de la civilización cristiana, lo que es más adecuado para el proceso religioso?

Todos los solemnes adornos de lo sagrado, los antiguos gestos de adoración, la atmósfera de reverencia, el lenguaje sagrado distinto del hablar común, las posturas hieráticas codificadas por la antigüedad, ¿no hacen, en última instancia, los misterios del culto divino más comprensibles en lugar de aplanarlos al convertir lo extraordinario en algo ordinario? La prueba está en los jóvenes conversos que aman la misa en latín, en las iglesias tradicionales llenas de familias, en el éxito de los seminarios tradicionales. Claramente, la verdadera adecuación a las necesidades de nuestro tiempo es la de la liturgia tradicional.

Las reacciones favorables y el estímulo del público y de los turistas que se sienten interpelados, como se dice hoy, por nuestras piadosas manifestaciones de vigilia (10 rue du Cloître-Notre-Dame, de lunes a viernes, de 13 a 13:30 h, en Saint-Georges de La Villette, 114 avenue Simon Bolivar, los miércoles y viernes a las 17 h, frente a Notre-Dame du Travail, el domingo a las 18:15) son la prueba de eso: la liturgia tradicional atrae.



 

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