Notre lettre 1386 publiée le 19 June 2026

LA TRADITION AU SERVICE

DE LA PAIX DANS L'ÉGLISE

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Plutôt que de chercher à se positionner à tout prix quant aux sacres épiscopaux prévus par la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X, la famille traditionnelle au sens large aurait grand avantage à s’élever au-dessus d’une mêlée destructrice. Prendre parti « pour » ou s’élever « contre », voilà des postures trop étroites : le sujet est avant tout de travailler, chacun à sa place, à être un instrument de paix. Se tendre la main quand d’autres choisissent les anathèmes. Préférer les pansements de la bienveillance au jet de sel sur les béantes plaies liturgiques de l’Eglise. L’enjeu n’est pas seulement grand. Il est immense et d’importance.

A cet égard, le « in necessariis, unitas ; in dubiis, libertas, ; in omnibus, caritas » de saint Augustin pourrait guider la réflexion de tous ceux qui irriguent leur foi par les grâces du Vetus Ordo. Et ce, d’autant plus que la situation de l’Eglise et des sacres épiscopaux réalisés en juillet 1988 est radicalement différente d’avec le contexte actuel. La crise vocationnelle et existentielle du sacerdoce catholique est patente. Souvenons-nous du livre de Benoît XVI et du cardinal Sarah Des profondeurs de nos cœurs (Fayard) pour défendre le célibat sacerdotal ainsi que des bouleversements doctrinaux notoires liés au processus synodal initié par le pape François, sans compter l’état de suspicion entretenu par les conférences épiscopales à propos de l’écosystème traditionnel dans son ensemble… « Notre maison brûle » avait déclaré Jacques Chirac dans un discours resté célèbre qui cherchait à prévenir des différents défis écologiques très sérieux qui s’annonçaient pour la planète. Il en va de même aujourd’hui pour l’Eglise. « Notre maison brûle » : il serait profitable d’en dresser le constat pour mieux circonscrire l’incendie, lutter contre lui, l’éteindre et rebâtir !

La formule augustinienne « In necessariis, unitas ; in dubiis, libertas, ; in omnibus, caritas » résume un triple principe clair, en mesure de servir de boussole à tous ceux qui veulent la paix liturgique : unité sur les choses nécessaires ; liberté sur les choses qui ne le sont pas ; charité en toutes choses.

Oui, la maison Église brûle. Bien sûr, elle possède les paroles de la vie éternelle. Pour autant, son histoire et sa vie ne se résument pas non plus, comme aimait le répéter l’historien Emile Poulat, à l’image d’un reposoir de Fête-Dieu… La maison Église brûle bien évidemment non seulement par le carburant des péchés personnels de ses membres, mais encore parce que les fumées de Satan ne se sont pas éteintes depuis qu’elles lèchent les colonnades du Bernin. Le 29 juin 1972, le pape Paul VI dans l’homélie qu’il prononça le jour de la fête des saints apôtres Pierre et Paul, plantait le décor d’une Eglise en pleine crise postconciliaire : « Devant la situation de l’Église d’aujourd’hui, nous avons le sentiment que par quelque fissure la fumée de Satan est entrée dans le temple de Dieu. Nous voyons le doute, l’incertitude, la problématique, l’inquiétude, l’insatisfaction, l’affrontement. On n’a plus confiance dans l’Église. »

Cette défiance en l’Eglise chez nombre de fidèles est très certainement le symptôme le plus saisissant de la crise de crédibilité qui traverse l’institution ecclésiale. La grâce de Dieu aidant, notre vie baptismale se nourrit de cette confiance en l’Eglise, en cette maison chaleureuse et accueillante, solide sur les appuis de sa Tradition, et si tendrement évoquée dans la parabole du banquet messianique (évangile du 2ème dimanche après la Pentecôte).

« Un homme fit un grand dîner, et invita de nombreux convives, Et à l’heure du repas, il envoya son serviteur dire aux invités de venir, parce que tout était prêt. » Le maître n’a qu’un désir : ut impleátur domus mea / que ma maison se remplisse !

Oui, Dieu veut que son Église se remplisse : « Oui, Va dans les chemins et le long des haies, et presse les gens d’entrer. » Parmi les notes de l’Eglise, la théologie en retient plusieurs. L’Église est sainte, elle est catholique, apostolique ou encore missionnaire. Une des notes de l’Eglise que chérissait l’abbé Victor-Alain Berto, résidait justement dans sa capacité d’intégration.

En effet, l’Eglise, dans sa tradition constante et son histoire bimillénaire, a montré avec une ténacité inouïe son désir, comme une mère louve, de veiller sur ses petits, de les protéger et d’accueillir du mieux possible les membres qui vivent de ses sacrements et de son Evangile.

A fortiori, lorsqu’il y a un incendie, la logique de l’urgence de la situation veut qu’on ne demande pas sa carte d’identité à celui qui vous tend le seau. On ne lui fait pas la leçon sur la manière de le porter, et l’on ne perd pas son temps à s’enquérir de savoir s’il a la permission de le porter, s’il a la délégation pour avoir le droit d’éteindre l’incendie. On rend grâce pour ses mains offertes.

Comme l’a exprimé Mgr Schneider avec bon sens (un bon sens qui peut s’appuyer sur la raison, au regard de la visite de la Fraternité qu’il a effectuée à la demande du pape François) : « L’aspect juridique est secondaire en raison de l’état d’urgence dans l’Église »

Devant le spectacle auquel nous assistons depuis la renonciation de Benoît XVI, il y aurait de quoi non de se lamenter (l’heure est-elle vraiment aux jérémiades ?), mais à tout le moins de s’interroger.

La force de l’écosystème traditionnel a toujours résidé dans son désir de servir l’Eglise, à sa place, selon les principes évoqués par saint Augustin : unité sur les choses nécessaires, liberté dans les choses qui ne le sont pas et enfin, charité en toutes choses. Devant le mauvais procès fait à la Tradition depuis l’après-concile par les pharisiens des temps présents, les apôtres de la messe de tous horizons peuvent faire leur la réflexion de Robert Brasillach à son procès : « Nous pouvons ou nous avons pu nous tromper sur des hommes, sur des faits ou sur des circonstances, mais nous n'avons rien à regretter de l'intention qui nous a fait agir. »

Plutôt que de se perdre en conjectures administratives, nous laïcs et fidèles attachés aux pédagogies traditionnelles de la Foi, nous nous attachons à faire l’économie d’anathèmes inutiles et nous voulons porter dans notre prière tout à la fois l’Eglise et la Fraternité.

Le pape Léon XIV à qui le Christ a confié sa tunique sans couture, « ut unum sint / afin que tous soient un » et avec lui, les évêques du monde entier, dont au premier chef notre évêque territorial, en ce qu’il est le garant de la sainte doctrine sur le territoire qui lui a été confié.

Les quatre futurs évêques de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X, pour qu’ils sachent, par leur exemple, leur bonté et leur sagesse, aider les membres de leur Fraternité à servir l’Eglise avec le zèle qu’on lui connaît, mais sans zèle amertume triste (« votre joie, nul ne pourra vous la ravir ») et sans excès superflu (tout ce qui est excessif est insignifiant).

Aux dire de Chesterton, « Le plus heureux des destins humains est de trouver quelque chose à aimer ; mais le deuxième sort le plus heureux est certainement de trouver quelque chose à combattre. » Quel grand bonheur avons-nous en guise de merveilleux cadeau de pouvoir aimer et de nous nourrir aux sources de la messe traditionnelle et d’en découvrir ses charmes (à l’image du formidable travail historico-esthétique réalisé par le site Claves) !

Quel grand bonheur avons-nous aussi d’avoir tant de postérieurs à botter : dans l’épreuve et le combat, l’âme humaine trouve le lieu des plus solides amitiés et la rampe de lancement de ses plus nobles expressions !

Alors bien sûr, à vue humaine, les choses vont certainement plus mal qu’elles ne le sont. Mais elles peuvent aller aussi mieux qu’on ne l’espère. Disperser la cendre pour raviver le feu, afin que la maison Église brûle toujours davantage, mais cette fois-ci du vrai feu de la charité. Celle-là même sur laquelle chacun de nous sera jugé.


 

TRADITION IN THE SERVICE

OF PEACE IN THE CHURCH

Rather than seeking to take a stance at all costs regarding the episcopal consecrations planned by the Priestly Fraternity of St. Pius X, the traditional family in the broadest sense would be well advised to rise above this destructive fray. Taking a stand “for” or “against” are positions that are too narrow: the priority is for each person, in their own place, to work toward being an instrument of peace. To extend a hand when others choose anathemas. To prefer the bandages of kindness to pouring salt on the Church’s gaping liturgical wounds. The stakes are not merely high. They are immense and of the utmost importance.

In this regard, St. Augustine’s maxim, “in necessariis, unitas; in dubiis, libertas; in omnibus, caritas,” could guide the reflection of all those who nourish their faith through the graces of the Vetus Ordo. This is all the more true given that the situation of the Church and of the episcopal consecrations performed in July 1988 is radically different from the current context. The vocational and existential crisis of the Catholic priesthood is evident. Let us recall the book by Benedict XVI and Cardinal Sarah, *From the Depths of Our Hearts* (Fayard), which defends priestly celibacy, as well as the well-known doctrinal upheavals linked to the synodal process initiated by Pope Francis—not to mention the climate of suspicion fostered by the episcopal conferences regarding the traditional ecosystem as a whole… “Our house is on fire,” Jacques Chirac, in a speech that has gone down in history, sought to warn of the very serious environmental challenges looming for the planet. The same is true today for the Church. “Our house is on fire”: it would be helpful to take stock of the situation in order to better contain the fire, fight it, extinguish it, and rebuild!

The Augustinian maxim “In necessariis, unitas; in dubiis, libertas; in omnibus, caritas” sums up a clear threefold principle that can serve as a compass for all who seek liturgical peace: unity on matters of necessity; freedom on matters that are not; charity in all things.

Yes, the Church is burning. Of course, she possesses the words of eternal life. Yet her history and her life cannot be reduced, as the historian Émile Poulat liked to repeat, to the image of a Corpus Christi altar… The Church is, of course, burning not only because of the fuel of its members’ personal sins, but also because Satan’s smoke has not been extinguished since it began licking Bernini’s colonnades. On June 29, 1972, Pope Paul VI, in the homily he delivered on the feast day of Saints Peter and Paul, set the stage for a Church in the midst of a post-conciliar crisis: “Faced with the situation of the Church today, we have the feeling that through some crack the smoke of Satan has entered the temple of God.” “We see doubt, uncertainty, problems, anxiety, dissatisfaction, and conflict. People no longer trust the Church.

This mistrust of the Church among many of the faithful is undoubtedly the most striking symptom of the crisis of credibility facing the Church as an institution. With God’s grace, our baptismal life is nourished by this trust in the Church—this warm and welcoming home, firmly grounded in its Tradition, and so tenderly evoked in the parable of the messianic banquet (Gospel for the Second Sunday after Pentecost).

A man prepared a great banquet and invited many guests. And at the hour of the meal, he sent his servant to tell the guests to come, because everything was ready.” The master has but one desire: ut impleátur domus mea / that my house may be filled!

Yes, God wants his Church to be filled: “Yes, go out into the highways and along the hedgerows, and urge people to come in.” Among the characteristics of the Church, theology highlights several. The Church is holy, she is catholic, apostolic, and missionary. One of the characteristics of the Church that Father Victor-Alain Berto cherished lay precisely in her capacity for integration.

Indeed, the Church, throughout its unbroken tradition and two-thousand-year history, has demonstrated with extraordinary tenacity its desire—like a mother wolf—to watch over her young, to protect them, and to welcome as best she can the members who live by her sacraments and her Gospel.

All the more so when there is a fire: the urgency of the situation dictates that you do not ask for the ID of the person handing you the bucket. You don’t lecture him on how to carry it, and you don’t waste time asking whether he has permission to carry it or whether he has been authorized to extinguish the fire. You give thanks for his helping hands.

As Bishop Schneider put it with common sense (a common sense that can be grounded in reason, given the visit he made to the Fraternity at the request of Pope Francis): “The legal aspect is secondary because of the state of emergency in the Church.”

Faced with the spectacle we have been witnessing since Benedict XVI’s resignation, there would be reason not to lament (is this really the time for wailing?), but at the very least to ask questions.

The strength of the traditional ecosystem has always lain in its desire to serve the Church, in its proper place, according to the principles articulated by St. Augustine: Unity on essential matters, freedom on non-essential matters, and finally, charity in all things. Faced with the unfair trial that Tradition has endured since the post-conciliar era at the hands of the Pharisees of our time, advocates of the Mass from all walks of life can take to heart Robert Brasillach’s reflection at his trial: “We may be—or may have been—mistaken about people, facts, or circumstances, but we have nothing to regret regarding the intention that drove us to act.

Rather than getting lost in administrative conjecture, we laypeople and faithful attached to the traditional teachings of the Faith strive to avoid unnecessary anathemas and wish to include both the Church and the Fraternity in our prayers.

Pope Leo XIV, to whom Christ entrusted His seamless tunic, “ut unum sint / that they may all be one,” and with him, the bishops of the entire world, foremost among them our territorial bishop, inasmuch as he is the guardian of sacred doctrine within the territory entrusted to him.

The four future bishops of the Priestly Fraternity of St. Pius X, that they may know, through their example, their kindness, and their wisdom, how to help the members of their Fraternity serve the Church with the zeal for which it is known, but without bitter or sad zeal (“your joy, no one can take it away from you”) and without unnecessary excess (everything that is excessive is insignificant).

According to Chesterton, “The happiest of human destinies is to find something to love; but the second happiest fate is certainly to find something to fight against. ” What a great joy it is—what a wonderful gift—to be able to love and draw nourishment from the traditional Mass and to discover its charms (as exemplified by the remarkable historical and aesthetic work carried out by the Claves website)!

What a great joy it is for us, too, to have so many backsides to kick: in trial and struggle, the human soul finds the ground for the strongest friendships and the launching pad for its noblest expressions!

So, of course, from a human perspective, things are certainly worse than they actually are. But they can also turn out better than we hope. Scatter the ashes to rekindle the fire, so that the house of the Church may burn ever more brightly—but this time with the true fire of charity. The very fire by which each of us will be judged.


 
 

LA TRADIZIONE AL SERVIZIO

DELLA PACE NELLA CHIESA

Anziché cercare a tutti i costi di prendere posizione riguardo alle consacrazioni episcopali previste dalla Fraternità Sacerdotale San Pio X, la famiglia tradizionale in senso lato trarrebbe grande vantaggio dal porsi al di sopra di una contesa distruttiva. Schierarsi «a favore» o opporsi «contro» sono posizioni troppo ristrette: l’importante è innanzitutto impegnarsi, ciascuno al proprio posto, per essere uno strumento di pace. Tendere la mano quando altri scelgono l’anatema. Preferire i cerotti della benevolenza al getto di sale sulle ferite liturgiche aperte della Chiesa. La posta in gioco non è solo grande. È immensa e di fondamentale importanza.

A questo proposito, il «in necessariis, unitas; in dubiis, libertas; in omnibus, caritas» di sant’Agostino potrebbe guidare la riflessione di tutti coloro che alimentano la propria fede con le grazie del Vetus Ordo. E ciò a maggior ragione in quanto la situazione della Chiesa e delle consacrazioni episcopali celebrate nel luglio 1988 è radicalmente diversa dal contesto attuale. La crisi vocazionale ed esistenziale del sacerdozio cattolico è evidente. Ricordiamo il libro di Benedetto XVI e del cardinale Sarah *Dalle profondità dei nostri cuori* (Fayard) a difesa del celibato sacerdotale, nonché i noti sconvolgimenti dottrinali legati al processo sinodale avviato da papa Francesco, senza contare il clima di sospetto alimentato dalle conferenze episcopali nei confronti dell’ecosistema tradizionale nel suo complesso… «La nostra casa sta bruciando», aveva dichiarato Jacques Chirac in un discorso rimasto famoso, che mirava a mettere in guardia dalle diverse e gravissime sfide ecologiche che si profilavano per il pianeta. Lo stesso vale oggi per la Chiesa. «La nostra casa sta bruciando»: sarebbe utile prenderne atto per circoscrivere meglio l’incendio, combatterlo, spegnerlo e ricostruire!

La formula agostiniana «In necessariis, unitas; in dubiis, libertas; in omnibus, caritas» riassume un triplice principio chiaro, in grado di fungere da bussola per tutti coloro che desiderano la pace liturgica: unità sulle cose necessarie; libertà su quelle che non lo sono; carità in tutte le cose.

Sì, la casa della Chiesa brucia. Certo, possiede le parole della vita eterna. Tuttavia, la sua storia e la sua vita non si riducono nemmeno, come amava ripetere lo storico Emile Poulat, all’immagine di un altare della Festa del Santissimo Sacramento… La casa della Chiesa arde ovviamente non solo alimentata dai peccati personali dei suoi membri, ma anche perché i fumi di Satana non si sono spenti da quando lambiscono i colonnati del Bernini. Il 29 giugno 1972, papa Paolo VI, nell’omelia pronunciata in occasione della festa dei santi apostoli Pietro e Paolo, delineò il quadro di una Chiesa in piena crisi postconciliare: «Di fronte alla situazione della Chiesa di oggi, abbiamo la sensazione che, attraverso qualche fessura, il fumo di Satana sia entrato nel tempio di Dio. Vediamo il dubbio, l’incertezza, le difficoltà, l’inquietudine, l’insoddisfazione, lo scontro. Non si ha più fiducia nella Chiesa. »

Questa sfiducia nella Chiesa da parte di molti fedeli è sicuramente il sintomo più evidente della crisi di credibilità che sta attraversando l’istituzione ecclesiale. Con l’aiuto della grazia di Dio, la nostra vita battesimale si nutre di questa fiducia nella Chiesa, in questa casa calorosa e accogliente, solida sui pilastri della sua Tradizione, e così teneramente evocata nella parabola del banchetto messianico (Vangelo della seconda domenica dopo la Pentecoste).

«Un uomo preparò una grande cena e invitò molti commensali; all’ora del pasto mandò il suo servo a dire agli invitati di venire, perché tutto era pronto». Il padrone ha un solo desiderio: ut impleátur domus mea / che la mia casa si riempia!

Sì, Dio vuole che la sua Chiesa si riempia: «Sì, va’ per le strade e lungo le siepi, e esorta la gente a entrare». Tra le caratteristiche della Chiesa, la teologia ne sottolinea diverse. La Chiesa è santa, è cattolica, apostolica e anche missionaria. Una delle caratteristiche della Chiesa che l’abate Victor-Alain Berto aveva particolarmente a cuore risiedeva proprio nella sua capacità di integrazione.

Infatti, la Chiesa, nella sua tradizione immutabile e nella sua storia bimillenaria, ha dimostrato con una tenacia senza pari il suo desiderio, come una madre lupo, di vegliare sui propri piccoli, di proteggerli e di accogliere nel miglior modo possibile i fedeli che vivono dei suoi sacramenti e del suo Vangelo.

A maggior ragione, quando c’è un incendio, la logica dell’urgenza della situazione impone di non chiedere la carta d’identità a chi ti porge il secchio. Non gli si danno lezioni su come portarlo, e non si perde tempo a chiedere se ha il permesso di portarlo, se ha la delega per avere il diritto di spegnere l’incendio. Si rende grazie per le sue mani offerte.

Come ha espresso con buon senso monsignor Schneider (un buon senso che può fondarsi sulla ragione, alla luce della visita alla Fraternità da lui effettuata su richiesta di papa Francesco): «L’aspetto giuridico è secondario a causa dello stato di emergenza nella Chiesa»

Di fronte allo spettacolo a cui assistiamo dalla rinuncia di Benedetto XVI, ci sarebbe motivo non di lamentarsi (è davvero il momento delle lamentele?), ma almeno di porsi delle domande.

La forza dell’ecosistema tradizionale è sempre risieduta nel suo desiderio di servire la Chiesa, al proprio posto, secondo i principi evocati da sant’Agostino: unità nelle cose necessarie, libertà in quelle che non lo sono e, infine, carità in tutte le cose. Di fronte al processo ingiusto intentato contro la Tradizione dal periodo post-conciliare dai farisei dei nostri tempi, gli apostoli della Messa di ogni orientamento possono fare propria la riflessione di Robert Brasillach durante il suo processo: «Possiamo o abbiamo potuto sbagliarci sugli uomini, sui fatti o sulle circostanze, ma non abbiamo nulla da rimpiangere riguardo all’intenzione che ci ha spinto ad agire. »

Piuttosto che perderci in congetture amministrative, noi laici e fedeli legati alle pedagogie tradizionali della Fede, ci impegniamo a evitare inutili anatemi e vogliamo portare nella nostra preghiera sia la Chiesa che la Fraternità.

Papa Leone XIV, al quale Cristo ha affidato la sua tunica senza cuciture, «ut unum sint / affinché tutti siano uno», e con lui i vescovi di tutto il mondo, primo fra tutti il nostro vescovo territoriale, in quanto garante della santa dottrina sul territorio a lui affidato.

I quattro futuri vescovi della Fraternità Sacerdotale San Pio X, affinché sappiano, con il loro esempio, la loro bontà e la loro saggezza, aiutare i membri della loro Fraternità a servire la Chiesa con lo zelo che la contraddistingue, ma senza che tale zelo si trasformi in amarezza o tristezza («La vostra gioia, nessuno potrà portarvela via») e senza eccessi superflui (tutto ciò che è eccessivo è insignificante).

Come diceva Chesterton, «Il destino più felice dell’uomo è trovare qualcosa da amare; ma il secondo destino più felice è certamente trovare qualcosa da combattere. » Che grande felicità abbiamo, come meraviglioso dono, di poter amare e nutrirci alle fonti della Messa tradizionale e di scoprirne il fascino (come dimostra il formidabile lavoro storico-estetico realizzato dal sito Claves)!

Che grande felicità abbiamo anche nell’avere così tanti sederi da prendere a calci: nella prova e nella lotta, l’anima umana trova il luogo delle amicizie più solide e il trampolino di lancio delle sue espressioni più nobili!

Quindi, naturalmente, dal punto di vista umano, le cose vanno sicuramente peggio di quanto non siano. Ma possono anche andare meglio di quanto speriamo. Disperdere la cenere per riaccendere il fuoco, affinché la casa della Chiesa arda sempre di più, ma questa volta del vero fuoco della carità. Quella stessa carità sulla quale ciascuno di noi sarà giudicato.


 
 

LA TRADICIÓN AL SERVICIO

DE LA PAZ EN LA IGLESIA

En lugar de intentar posicionarse a toda costa respecto a las consagraciones episcopales previstas por la Fraternidad Sacerdotal San Pío X, la familia tradicional, en sentido amplio, saldría muy beneficiada si se mantuviera al margen de una contienda destructiva. Tomar partido «a favor» o pronunciarse «en contra» son posturas demasiado limitadas: lo importante es, ante todo, trabajar, cada uno desde su lugar, para ser un instrumento de paz. Tenderse la mano cuando otros optan por los anatemas. Preferir los vendajes de la benevolencia al arrojar sal sobre las heridas litúrgicas abiertas de la Iglesia. Lo que está en juego no es solo grande. Es inmenso y de gran importancia.

En este sentido, el «in necessariis, unitas; in dubiis, libertas; in omnibus, caritas» de san Agustín podría guiar la reflexión de todos aquellos que nutren su fe con las gracias del Vetus Ordo. Y esto, tanto más cuanto que la situación de la Iglesia y de las consagraciones episcopales celebradas en julio de 1988 es radicalmente diferente del contexto actual. La crisis vocacional y existencial del sacerdocio católico es evidente. Recordemos el libro de Benedicto XVI y del cardenal Sarah *Desde lo más profundo de nuestros corazones* (Fayard) en defensa del celibato sacerdotal, así como los notorios cambios doctrinales vinculados al proceso sinodal iniciado por el papa Francisco, sin olvidar el clima de recelo que mantienen las conferencias episcopales respecto al ecosistema tradicional en su conjunto… «Nuestra casa está en llamas», había declarado Jacques Chirac en un discurso que ha pasado a la historia y que pretendía alertar sobre los graves retos ecológicos que se avecinaban para el planeta. Lo mismo ocurre hoy en día con la Iglesia. «Nuestra casa está en llamas»: ¡sería conveniente tomar conciencia de ello para poder delimitar mejor el incendio, combatirlo, apagarlo y reconstruir!

La fórmula agustiniana «In necessariis, unitas; in dubiis, libertas; in omnibus, caritas» resume un triple principio claro, capaz de servir de brújula a todos aquellos que desean la paz litúrgica: unidad en lo necesario; libertad en lo que no lo es; caridad en todas las cosas.

Sí, la casa de la Iglesia arde. Por supuesto, posee las palabras de la vida eterna. Sin embargo, su historia y su vida tampoco se resumen, como solía repetir el historiador Emile Poulat, en la imagen de un repositorio de la Festividad de Corpus Christi… La Iglesia arde, evidentemente, no solo alimentada por los pecados personales de sus miembros, sino también porque las humaredas de Satanás no se han extinguido desde que lamen las columnatas de Bernini. El 29 de junio de 1972, el papa Pablo VI, en la homilía que pronunció el día de la fiesta de los santos apóstoles Pedro y Pablo, sentó las bases de una Iglesia en plena crisis posconciliar: «Ante la situación actual de la Iglesia, tenemos la sensación de que, por alguna grieta, el humo de Satanás ha entrado en el templo de Dios. Vemos la duda, la incertidumbre, los problemas, la inquietud, la insatisfacción, el enfrentamiento. Ya no se confía en la Iglesia. »

Esta desconfianza en la Iglesia por parte de muchos fieles es, sin duda, el síntoma más llamativo de la crisis de credibilidad que atraviesa la institución eclesial. Con la ayuda de la gracia de Dios, nuestra vida bautismal se nutre de esta confianza en la Iglesia, en esta casa cálida y acogedora, firme sobre los cimientos de su Tradición, y tan tiernamente evocada en la parábola del banquete mesiánico (Evangelio del segundo domingo después de Pentecostés).

«Un hombre preparó un gran banquete e invitó a muchos comensales; y, a la hora de la comida, envió a su siervo a decir a los invitados que entraran, porque todo estaba listo». El amo solo tiene un deseo: ut impleátur domus mea / ¡que se llene mi casa!

Sí, Dios quiere que su Iglesia se llene: «Sí, id por los caminos y por los setos, y insistid a la gente para que entre». Entre las características de la Iglesia, la teología destaca varias. La Iglesia es santa, es católica, apostólica y también misionera. Una de las características de la Iglesia que tanto apreciaba el abad Victor-Alain Berto residía precisamente en su capacidad de integración.

De hecho, la Iglesia, en su tradición constante y su historia bimilenaria, ha demostrado con una tenacidad sin igual su deseo, como una loba, de velar por sus pequeños, de protegerlos y de acoger lo mejor posible a los miembros que viven de sus sacramentos y de su Evangelio.

Más aún, cuando hay un incendio, la lógica de la urgencia de la situación exige que no se le pida el documento de identidad a quien te tiende el cubo. No se le da lecciones sobre cómo llevarlo, ni se pierde el tiempo preguntándole si tiene permiso para hacerlo, si cuenta con la autorización necesaria para tener derecho a apagar el incendio. Se da gracias por sus manos ofrecidas.

Como expresó monseñor Schneider con sentido común (un sentido común que puede apoyarse en la razón, a la luz de la visita que realizó a la Fraternidad a petición del papa Francisco): «El aspecto jurídico es secundario debido al estado de emergencia en la Iglesia».

Ante el espectáculo al que asistimos desde la renuncia de Benedicto XVI, habría motivos no para lamentarse (¿es realmente el momento de las lamentaciones?), pero al menos para plantearse algunas preguntas.

La fuerza del ecosistema tradicional siempre ha residido en su deseo de servir a la Iglesia, en su lugar, según los principios evocados por san Agustín: unidad en lo necesario, libertad en lo que no lo es y, por último, caridad en todas las cosas. Ante el injusto juicio al que se ha sometido a la Tradición desde la posconciliar por parte de los fariseos de nuestros días, los apóstoles de la misa de todos los horizontes pueden hacer suya la reflexión de Robert Brasillach en su juicio: «Podemos o hemos podido equivocarnos respecto a personas, hechos o circunstancias, pero no tenemos nada que lamentar en cuanto a la intención que nos llevó a actuar. »

En lugar de perdernos en conjeturas administrativas, nosotros, laicos y fieles apegados a las pedagogías tradicionales de la fe, nos esforzamos por evitar anatemas inútiles y queremos incluir en nuestra oración tanto a la Iglesia como a la Fraternidad.

Al papa León XIV, a quien Cristo confió su túnica sin costuras, «ut unum sint / para que todos sean uno», y con él, a los obispos de todo el mundo, entre los que destaca nuestro obispo territorial, en su calidad de garante de la santa doctrina en el territorio que se le ha confiado.

A los cuatro futuros obispos de la Fraternidad Sacerdotal San Pío X, para que sepan, con su ejemplo, su bondad y su sabiduría, ayudar a los miembros de su Fraternidad a servir a la Iglesia con el celo que les caracteriza, pero sin un celo amargo y triste («Nadie podrá arrebataros vuestra alegría») y sin excesos innecesarios (todo lo que es excesivo carece de importancia).

Según Chesterton, «El destino más feliz del ser humano es encontrar algo que amar; pero el segundo destino más feliz es, sin duda, encontrar algo contra lo que luchar. » ¡Qué gran felicidad tenemos, como maravilloso regalo, de poder amar y alimentarnos de las fuentes de la misa tradicional y descubrir sus encantos (a imagen del formidable trabajo histórico-estético realizado por la web Claves)!

¡Qué gran felicidad tenemos también de tener tantos traseros a los que dar una patada: en la prueba y la lucha, el alma humana encuentra el lugar de las amistades más sólidas y la plataforma de lanzamiento de sus expresiones más nobles!

Así que, claro, desde el punto de vista humano, las cosas seguramente van peor de lo que parecen. Pero también pueden ir mejor de lo que esperamos. Esparcir las cenizas para reavivar el fuego, para que la casa de la Iglesia arda cada vez más, pero esta vez con el verdadero fuego de la caridad. Esa misma caridad por la que cada uno de nosotros será juzgado.


 

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